France

Pollution : La décontamination de l’eau potable des pesticides et PFAS coûterait 5,7 milliards d’euros par an

C’est un montant astronomique ! La dépollution de l’eau potable face aux micropolluants pourrait entraîner un surcoût annuel compris entre 1,3 et 5,7 milliards d’euros, selon un rapport interministériel publié jeudi. Ce document évalue plusieurs scénarios de traitement des résidus de pesticides et des PFAS.

Rédigé par l’IGEDD, l’Igas, l’IGF et le CGAAER, ce rapport, commandé en septembre 2025, prévoit que ces substances persistantes « laissent craindre une hausse des non-conformités de l’eau potable dans les années à venir ». Il souligne également que « la détection dans l’eau potable de la présence diffuse de nouveaux types de micropolluants chimiques très persistants […] rend le respect des limites de qualité européennes de plus en plus difficile », en particulier dans le Nord et l’Est de la France.

Des restrictions d’eau ont été mises en place dans plusieurs départements ces derniers mois, notamment dans des communes de la Meuse et des Ardennes, en raison de contaminations, notamment par des PFAS. Le rapport décrit également un service public de l’eau potable « fragilisé par un sous-investissement structurel » et par une application limitée du principe pollueur-payeur.

Quatre scénarios sont présentés. Le premier, qualifié de « socle minimal », représenterait un surcoût de 1,3 milliard d’euros par an. Le deuxième, qui intègre des normes plus strictes pour le TFA, atteindrait près de 2,2 milliards d’euros. Les deux derniers, qui étendent la dépollution aux sols et au grand cycle de l’eau, sont évalués à 3,2 et 5,7 milliards d’euros.

Le rapport est publié dix jours après l’adoption de la loi d’urgence agricole, qui modifie la hiérarchie des captages d’eau potable à protéger. Des collectivités ont exprimé leurs inquiétudes concernant le nombre de captages prioritaires et un éventuel report d’une partie des coûts de dépollution.

Les auteurs recommandent de renforcer le principe pollueur-payeur, avec un potentiel de 1,2 milliard d’euros de recettes supplémentaires par an. Ils estiment cependant que ces ressources « seront néanmoins insuffisantes pour éviter le recours à terme à une hausse du prix moyen de l’eau », évaluée entre 3,5 % et 59 % selon les scénarios, avec une « forte variabilité selon les territoires ».