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Paillettes, lamé et couleurs : la fièvre disco envahit podiums et dressing.

La tendance néodisco s’impose avec force sur les podiums de la mode, marquant une rupture avec les lignes épurées et le minimalisme qui ont dominé ces dernières saisons. En 2026, les créateurs s’éloignent des teintes neutres et des silhouettes inspirées de la série « Succession » pour embrasser un style flamboyant, où les paillettes et les couleurs vives sont à l’honneur. Ce renouveau s’est particulièrement illustré lors de la Fashion Week automne-hiver à Milan, où le glamour nocturne a fait un retour triomphal.

Le défilé de Gucci, dirigé par Demna, a captivé l’attention avec une interprétation audacieuse de l’esprit du Studio 54. Les modèles arborant des pantalons taille basse en sequins argentés et une mini-robe scintillante portée par Emily Ratajkowski ont fait forte impression, tandis que Kate Moss a clôturé le show dans une robe noire à sequins, incarnant ainsi l’essence même du bling. D’autres maisons, comme Ferragamo et Roberto Cavalli, ont également joué la carte de l’extravagance avec des créations en or métallisé et des robes à volants colorés.

À Paris, Jonathan Anderson a introduit des éléments pailletés dans ses collections masculines, ouvrant la voie à une nouvelle ère de l’élégance masculine. Selon Dinah Sultan, styliste chez Peclers Paris, cette évolution est le fruit de l’influence croissante de figures comme Harry Styles et des stars de la K-pop, qui incitent les hommes à dépasser les conventions vestimentaires traditionnelles. Les sequins, longtemps réservés à la mode féminine, s’affichent désormais comme un symbole de liberté d’expression pour les hommes.

Ce retour à l’exubérance s’inscrit dans une volonté de s’éloigner du style « clean girl », favorisant une expression personnelle plus affirmée. La styliste souligne que cette tendance ne se limite pas à des vêtements scintillants, mais s’accompagne d’une idéologie qui célèbre le corps comme un moyen d’expression à travers la danse et la fête. Le disco, avec ses racines politiques et sociales, est ainsi réinterprété, rappelant son rôle central dans la culture queer et l’émergence du voguing.

Les visions de Demna et d’Anderson, bien que distinctes, convergent vers un même objectif : la réhabilitation du clinquant. Demna se concentre sur le côté sombre et provocateur du disco, tandis qu’Anderson privilégie une approche plus romantique et raffinée, ancrée dans une esthétique britannique.

L’engouement pour le disco trouve également ses origines dans une redécouverte culturelle, alimentée par des documentaires et des expositions qui mettent en lumière cette période emblématique. En 2024, des œuvres comme « Disco : Soundtrack of a Revolution » et la série « Halston » ravivent l’héritage du Studio 54, tandis qu’en 2025, la Philharmonie de Paris présentera une exposition dédiée au disco, alliant festivité et militantisme.

Pour celles et ceux qui souhaitent adopter cette tendance sans tomber dans l’excès, Dinah Sultan recommande d’intégrer des éléments discrets à leur garde-robe : un top à paillettes, des accessoires bling, ou des chaussures métalliques. L’idée est de se démarquer sur la piste de danse, tout en conservant une touche d’élégance.