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« Mosimann : Produire et jouer, un moment de vérité »

Mosimann, à 38 ans, revient cette année avec une actualité riche, 18 ans après avoir remporté la Star Academy 7. Il a vendu des billets pour un premier Zénith de Paris le 17 octobre prochain, ainsi qu’une nouvelle date le 18, sold out aussi.


DJ, producteur, chroniqueur… Mosimann porte plusieurs casquettes sans jamais vraiment se décider. À 38 ans, cet artiste franco-suisse se distingue comme une figure singulière de la scène électro française, capable de naviguer entre le studio, la scène, les réseaux sociaux et la radio.

Sa méthode repose sur l’expérimentation, les contraintes et une remise en question permanente. « Je repars toujours d’une feuille blanche et j’essaie de me dire que tout est possible », confie-t-il. Dix-huit ans après avoir remporté la Star Academy 7, il revient cette année avec une actualité fournie. C’est dans ce cadre que 20 Minutes a eu l’occasion de le rencontrer, il y a quelques semaines, à l’Alpe d’Huez, lors de Tomorrowland Winter.

« Produire et jouer, c’est comme faire un date »

Mosimann ne fait pas de distinction entre le studio et la scène. L’artiste préfère évoquer une complémentarité. « Je mettrais les deux égaux sur une balance. Produire, c’est imaginer… jouer, c’est le moment de vérité », explique-t-il. D’un côté se trouve la production, où tout reste possible. De l’autre, la scène, où tout se joue. « Produire, c’est se projeter, se dire que ça pourrait marcher, que ça pourrait être cool. »

C’est cependant face au public que la musique prend toute son ampleur. « Je compare souvent la musique à l’amour. C’est comme faire un date… Tu espères que ça va bien se passer, qu’on va s’entendre, qu’on va rigoler. Et après, tu rencontres les gens. » Cette approche instinctive de son métier laisse toujours une place à l’émotion, même en tenant compte de la technique.

Lors de sa performance à Tomorrowland Winter, il a ressenti cette magie : « C’était magique. Il y avait une ambiance spéciale. Spéciale parce que j’étais partagé entre le chauvinisme et l’excitation », raconte-t-il, le sourire aux lèvres. « C’est mon premier vrai Tomorrowland. Je suis extrêmement heureux et puis extrêmement reconnaissant des gens qui sont venus me voir jouer. »

Faire rentrer des carrés dans des ronds

Ces dernières années, Mosimann s’est fait un nom avec ses « Dream Tracks », un concept apparemment simple (demander aux personnalités leur titre de rêve), mais qui exige une mise en œuvre complexe. « Je rencontre des gens d’univers très différents qui me demandent des trucs un peu fous », dit-il. Ces échanges donnent naissance à des collaborations surprenantes, comme celles avec Alain Chabat, Alexandre Astier ou plus récemment Artus.

Cependant, derrière cet exercice ludique se cache une authentique philosophie de création. « Se forcer à faire rentrer des carrés dans des ronds… tu te dis que ça ne va pas marcher, mais il faut croire que ça va marcher. » Plus récemment, il a également lancé deux nouveaux remix inédits sur les plateformes. « J’ai fait un Dream Track avec Tribz sur le titre « Halo », explique-t-il. Et juste après, j’y ai rencontré Skip The Youth qui ont été complètement fous. Mad Bastard m’a dit « j’aimerais bien que tu remixes un vieux titre à nous », il a dit oui pour faire une nouvelle version. Il m’a dit « fais ce que tu veux » et c’est devenu ce fameux titre « Ghost ». »

« Voir des gens payer pour venir me voir, c’est fou »

Malgré son parcours, Mosimann reste ébahi par son succès. « Le plus fou pour moi aujourd’hui, c’est de me dire qu’il y a des gens qui achètent des tickets pour venir me voir. » Et des billets, il en a vendus. Après avoir affiché complet pour un premier Zénith de Paris prévu le 17 octobre prochain, l’artiste a également annoncé une nouvelle date le 18, déjà sold out.

Derrière chaque billet, il prend conscience de l’importance de cet acte. « Moi, je sais ce que ça me coûte d’aller sur un site, de prendre un ticket, de réserver une date. Parfois, les gens doivent faire garder leurs enfants. »