
Logement : « J’avais bien un surplus de 200 euros »… Loyers non encadrés respectés.
L’encadrement des loyers, mis en place pour réguler le marché locatif, semble rencontrer des difficultés croissantes. D’après le dernier baromètre de la Fondation pour le logement, 37 % des annonces de location dans les villes concernées dépassent les plafonds établis par ce dispositif, marquant une augmentation de cinq points par rapport à 2025. À Paris, la situation est particulièrement alarmante, avec 46 % des annonces non conformes, une hausse significative par rapport aux 31 % enregistrés l’année précédente.
Cette détérioration se manifeste dans un contexte déjà tendu. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, souligne que les multiples annonces concernant la fin de l’encadrement des loyers ont créé une ambiguïté qui pourrait inciter certains bailleurs à ignorer les règles. Il rappelle que cette mesure doit expirer en novembre prochain, ce qui accentue les incertitudes.
Les zones périphériques de Paris ne sont pas épargnées par cette problématique. Dans la zone « Plaine Commune », 61 % des annonces dépassent les plafonds, tandis que dans la zone « Est Ensemble », ce chiffre atteint 36 %. Jackson, un jeune locataire de Montreuil, témoigne de son expérience. Louant un appartement de 39 mètres carrés pour 1.250 euros par mois, il a d’abord eu des doutes sur le montant de son loyer. Après avoir été contacté par une association de défense des droits au logement, il a découvert qu’il payait un excès de 200 euros par mois, totalisant entre 4.000 et 6.000 euros depuis son installation. L’association l’accompagne désormais dans ses démarches pour obtenir réparation, bien qu’il attende toujours une réponse de son propriétaire.
D’autres locataires, comme Lola à Paris, n’ont pas osé signaler des surcharges de loyer, craignant des représailles de la part de leur bailleur. Elle avait constaté un excès de plusieurs centaines d’euros sans jamais en parler, par peur de perdre son logement. Cette dynamique de pouvoir déséquilibré s’est aggravée, rendant les recours difficiles, même à l’amiable. Manuel Domergue note que le marché locatif est stagnant, avec peu de logements disponibles et une forte concurrence pour chaque bien.
Pour améliorer la situation, il appelle à une meilleure communication des villes sur la pérennité de l’encadrement, à des sanctions plus strictes et à un soutien accru pour les locataires dans leurs démarches. Une proposition de loi, adoptée en décembre 2025 par le député PS Iñaki Echaniz, vise à renforcer ce dispositif et sera examinée par le Sénat le 21 octobre prochain. Une version amendée, qui prévoit une prolongation de deux ans, bénéficie du soutien du gouvernement. Domergue insiste sur l’importance de « sauver l’encadrement » et d’étendre cette mesure aux communes qui le souhaitent, des villes comme Marseille, Nantes et Strasbourg ayant déjà exprimé leur intérêt.
