
« Les clients n’aiment pas naviguer, selon Amaury, capitaine de yacht à 150.000 euros »
Amaury, capitaine de yacht, partage son expérience unique en mer, un monde où le luxe et les défis se côtoient. Lors d’une interview d’une heure, il a évoqué son métier avant de reprendre la mer, naviguant vers des destinations prisées comme Porquerolles ou Ajaccio. Ce professionnel indépendant propose des séjours variés, allant d’une journée à trois semaines, bien que la plupart de ses clients optent pour des périodes d’une à deux semaines. Les tarifs, quant à eux, s’échelonnent de 20.000 euros pour un yacht de 12 mètres à 150.000 euros pour un modèle de 24-25 mètres. Amaury souligne que « les tarifs sont exponentiels par rapport au nombre de mètres », reflétant la diversité des prestations offertes.
Sur un catamaran de 12 mètres, il est possible d’accueillir confortablement jusqu’à huit personnes, tandis qu’un yacht de 25 mètres peut recevoir dix passagers, les autres cabines étant réservées à l’équipage. Sa clientèle est variée, mais deux tendances se dégagent : les clients étrangers dominent pour les yachts de plus de 20 mètres, et la majorité des réservations proviennent de familles ou de couples, les groupes d’amis étant plutôt rares.
Cependant, même à des tarifs élevés, les clients ne sont pas toujours en position de demander tout ce qu’ils veulent. Amaury doit souvent refuser certaines requêtes, comme celles concernant les animaux de compagnie, car la plupart des yachts ne permettent pas leur présence. D’autres demandes, plus insolites, le font sourire, comme celles de clients souhaitant faire du ski nautique avec un yacht de 20 mètres ou de sauter d’un mât à plus de treize mètres de hauteur.
Pour divertir ses passagers, les yachts sont équipés de divers matériels de loisirs, tels que des paddles et des équipements de plongée. Toutefois, la sécurité reste une priorité. Amaury se souvient d’un incident avec des clients russes alcoolisés, qui ont dû être débarqués après deux jours en raison de leur comportement ingérable. « Mon rôle premier de capitaine, c’est de m’assurer que les gens et le navire reviennent sans dommage », précise-t-il.
Concernant la navigation, Amaury explique que les clients s’intéressent peu à cette activité. En général, il ne navigue que deux à trois heures par jour, car les restrictions en mer rendent l’expérience moins agréable pour les passagers. Il préfère donc privilégier des escales côtières, comme longer la Corse, plutôt que de rester en mer trop longtemps. Pour des séjours de deux semaines, des itinéraires plus ambitieux peuvent être envisagés.
Les journées à bord sont rythmées par des interactions fréquentes avec les clients, qui cherchent souvent à échanger avec lui. Sur un yacht, même un grand modèle de 24 mètres, l’espace est limité, ce qui favorise les rencontres. Les clients, souvent peu familiers avec la mer, apprécient de partager des repas avec le capitaine. En fonction de la taille du yacht, un personnel supplémentaire peut être présent pour s’occuper des cabines et de la cuisine, ce qui amène Amaury à adopter un rôle de manager, en plus de celui de capitaine.
Ce métier, bien que physique et exigeant, est également gratifiant. Amaury reçoit en moyenne 100 euros de pourboire par jour, en plus d’invitations à des repas une fois le bateau à quai. Malgré les défis, comme l’éloignement de sa famille, il semble impatient de retrouver l’immensité de la mer à chaque fois qu’il lève l’ancre.
