France

Le budget de l’Etat écrasé par le poids de la dette

La situation budgétaire de l’État français se dégrade, avec une charge de la dette qui a explosé de 18,3 % en un an, atteignant 34,5 milliards d’euros en juin 2026. Ce chiffre, révélé par un rapport de Bercy, représente une augmentation de plus de cinq milliards d’euros par rapport à l’année précédente, à un moment où le gouvernement s’efforce de maîtriser le déficit public.

Les données de la situation budgétaire mensuelle de juin indiquent que la charge de la dette a grimpé de 29,2 milliards d’euros durant les six premiers mois de 2025 à 34,5 milliards d’euros un an plus tard. Bercy souligne que cette hausse est principalement due à l’augmentation des taux d’intérêt, qui ont fortement progressé en début d’année, en raison de l’inflation engendrée par le conflit au Moyen-Orient, entraînant une envolée des prix du pétrole.

Le budget de l’État affiche un déficit de 106,8 milliards d’euros pour le premier semestre, soit 6,4 milliards d’euros de plus qu’à la même période l’année précédente. Ce creusement du déficit est presque équivalent à l’augmentation de la charge de la dette.

Face à cette situation, le gouvernement vise à réduire le déficit public – qui inclut les comptes de l’État, de la Sécurité sociale et des administrations locales – à 5 % du Produit intérieur brut pour cette année, contre 5,1 % l’année précédente. Cela placerait la France au deuxième rang des pays de la zone euro en matière de déficit, juste derrière la Belgique (5,2 %). Cependant, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a reconnu début juillet que les perspectives ne sont pas favorables. Dans un entretien accordé à Paris Match le 22 juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu a exprimé son manque d’optimisme, évoquant l’impact des prix de l’énergie et des opérations militaires accrues dans le Golfe. De plus, les conséquences des récents incendies dans le sud-ouest pourraient également aggraver la situation.

En ce qui concerne les finances publiques, Bercy a indiqué qu’au 30 juin, les dépenses du budget général, hors remboursements et dégrèvements d’impôts d’État, s’élevaient à 240,5 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 228,1 milliards d’euros de fin juin 2025, soit une augmentation de 12,4 milliards d’euros. En revanche, les recettes, après déductions des remboursements et dégrèvements d’impôts, ont progressé, passant de 177,9 milliards à 184,6 milliards d’euros entre le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026.