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« L’altinha, un ballon pour retrouver l’ambiance des plages de Rio à Paris »

À Paris, un petit coin de Rio de Janeiro prend vie, attirant les passionnés de sport. Chaque week-end, des cercles se forment, où la seule règle est de garder le ballon en l’air. Les participants utilisent leurs pieds, cuisses, têtes et épaules pour faire des passes, sans jamais laisser le ballon toucher le sol. Ce phénomène est l’initiative d’« Altinha Paris », un projet lancé par deux jeunes Franco-brésiliennes, Clarisse et Isadora, qui ont à cœur de faire découvrir l’altinha, un jeu traditionnel brésilien.

Originaire des plages cariocas, l’altinha se pratique habituellement en petits groupes de quatre, sans compétition ni adversaire. Loin du football classique, ce sport repose sur la coopération, où chaque joueur est autant responsable de la réussite des échanges que son partenaire. Les mouvements fluides et les passes précises, observés dans les jardins des Tuileries, évoquent parfois une danse improvisée.

Pour Clarisse et Isadora, ce projet est une réponse à leur « saudade » du Brésil. « C’est une sorte de nostalgie, mais pas triste », explique Isadora. En quittant leur pays à 18 ans, elles ont voulu conserver une part de leur culture en continuant à jouer à l’altinha. Leur compte Instagram, initialement lancé sans grandes ambitions, a rapidement pris de l’ampleur grâce à un bouche-à-oreille efficace. En l’espace de deux mois, leur communauté a explosé, passant de 200 abonnés à un nombre croissant de participants lors des rassemblements.

Le succès de leur initiative est également attribué à un été ensoleillé, à la Coupe du Monde de football et à un intérêt croissant des Français pour le Brésil. Environ la moitié des participants sont Brésiliens, tandis que l’autre moitié comprend des personnes ayant un lien avec le pays. « Beaucoup de nos élèves non brésiliens ont déjà visité le Brésil », note Clarisse avec amusement.

Lors des sessions aux Tuileries, un mélange de niveaux et d’âges se côtoie. « Il n’y a pas de hiérarchie », souligne Isadora, soulignant que tout le monde, des enfants aux adultes, peut rejoindre le cercle. Les deux créatrices souhaitent particulièrement encourager la participation des femmes au jeu. « Nous voulons normaliser la présence des filles dans ce sport », affirme Clarisse. Certaines participantes ont même avoué qu’elles se sentaient plus à l’aise de commencer avec deux femmes qu’avec des hommes. À Rio, cette mixité est déjà une réalité, car l’altinha privilégie la précision sur la force.