France

La transpiration ne serait-elle pas un obstacle au vélo ?

Dans un sondage réalisé par l’institut OpinionWay pour la marque Lime, 41 % des 834 habitants de métropoles de plus de 20.000 habitants interrogés refusent l’option vélo car ils « ont peur d’arriver en sueur ». Pour ceux qui parcourent des distances supérieures à dix kilomètres ou doivent affronter du dénivelé, l’utilisation d’un vélo à assistance électrique permet d’arriver (presque) sec.


Pédaler pour se rendre au travail, très peu d’entre eux. Les motifs souvent avancés pour ne pas opter pour le vélo pour se rendre au travail se recoupent : sentiment d’insécurité, trajet jugé trop long ou conditions météorologiques imprévisibles. Cependant, un sondage publié début juin a mis en lumière une raison nouvelle : la peur de transpirer. Selon cette étude menée par l’institut OpinionWay pour la marque Lime, 41 % des 834 habitants de métropoles de plus de 20 000 habitants interrogés choisissent de ne pas prendre le vélo en raison de cette appréhension. Cela représente presque un sur deux.

Les participants au sondage reconnaissent pourtant les bénéfices du vélo pour la santé, l’environnement et admettent qu’il constitue une économie. Toutefois, ces arguments ne suffisent pas à les inciter à pédaler.

« Il faut simplement rouler tranquillement », remarque un adepte du vélotaf. Florian, habitant de Lyon et parcourant une vingtaine de kilomètres quotidiennement pour se rendre au travail, commente : « Il faut simplement rouler tranquillement, ne pas forcer. Il est vrai que quand on appuie sur les pédales, on peut rapidement avoir chaud. Mes collègues qui craignent de transpirer sont ceux qui utilisent le vélo comme une activité sportive du dimanche. » Au début, il prenait une tenue de rechange, mais a fini par arrêter, car cela ne lui servait jamais. « Le plus pénible, c’est de devoir se changer ».

Anne partage cet avis : « La transpiration n’est pas un sujet. Le but, ce n’est ni de faire le Tour de France ni d’aller très vite. On se déplace simplement d’un point A à un point B », analyse cette cycliste parisienne. En tant que médecin, elle conseille de choisir un modèle de vélo « où l’on n’est pas courbé sur les bras » afin d’éviter la pression et la transpiration au niveau des aisselles. « Avec un vélo droit comme les vélos hollandais, on peut s’habiller comme on le souhaite », affirme cette passionnée du vélotaf.

Pour Véronique, la question de la transpiration est surtout liée au relief du trajet. Elle, qui se rend à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, n’a « que du plat » et ne transpire presque pas. « J’ai un excellent déodorant. Certes, il contient de l’aluminium, mais il est très efficace », confie-t-elle. Pour cette enseignante, « la ventilation naturelle » offerte par le vélo est largement suffisante.

« L’essentiel, c’est de pouvoir se découvrir aisément à l’arrivée. On transpire principalement lorsque l’on s’arrête et qu’on arrive au travail ; il faut pouvoir enlever rapidement quelques couches », explique-t-elle. Véronique privilégie des vêtements en coton, qu’elle considère plus respirants, et ne se change pas à son arrivée à l’école. « Nous sommes nombreuses à pédaler pour le travail et je n’ai jamais perçu d’odeur particulière », assure cette institutrice.

Parmi les adeptes du vélotaf, certains ont pris l’habitude de changer de tee-shirt à leur arrivée. « La transpiration, c’est une fausse excuse. Lorsque j’arrive au cabinet, je change de tee-shirt, je mets un peu de déodorant et c’est bon. Personne ne s’en est jamais plaint », témoigne Stéphane, kinésithérapeute dans la région de Tours. Dans la majorité des cas, les cyclistes choisissent des sacoches placées sur le porte-bagages, ce qui évite d’afficher une marque d’humidité dans le dos, un véritable avantage.

Pour ceux qui parcourent des distances supérieures à dix kilomètres ou doivent faire face à des pentes, un vélo à assistance électrique permet d’arriver (presque) sec. « Selon la température, tu peux ajuster la puissance de l’assistance. Pour moi, ce n’est pas un problème », explique un cycliste rencontré près du parc du Thabor, célèbre parc rennais situé en haut d’une côte un peu raide.

Bien évidemment, tous ces conseils peuvent se révéler insuffisants lorsque les températures dépassent les 35 degrés. Dans ce cas, il est conseillé de ralentir et de profiter de l’air. La plupart des cyclistes reconnaissent que la question de la transpiration est davantage problématique en hiver, lorsqu’il est nécessaire de s’habiller chaudement avant de prendre le vélo. « Il vaut mieux ne pas trop se couvrir. De toute façon, on n’a pas froid longtemps », recommande Véronique.