FranceSuisse

La Roumanie doit arrêter sa seule centrale nucléaire faute d’eau.

L’été 2026 est marqué par des conditions climatiques extrêmes en Europe, entraînant des conséquences significatives sur la production d’énergie, notamment dans le secteur nucléaire. En Roumanie, la société Nuclearelectrica a annoncé le 13 août l’arrêt complet de l’unité 2 de la centrale de Cernavoda, la seule du pays, en raison d’une baisse alarmante du niveau de l’eau du Danube, utilisé pour le refroidissement de l’installation. Ce développement fait suite à l’arrêt, fin juillet, de l’un des deux réacteurs de la centrale, déjà affecté par des ressources hydrauliques insuffisantes. Habituellement, cette centrale représente environ 20 % de la production électrique nationale, et cette fermeture est la première depuis la canicule de 2003.

Le Danube, dont le débit a atteint des niveaux historiquement bas à cause des vagues de chaleur et du manque de précipitations, a contraint les autorités à chercher des alternatives pour l’approvisionnement électrique. Des sources d’énergie renouvelable, comme l’éolien, ainsi que des importations, devraient compenser cette perte, mais les responsables ont également appelé à une « consommation responsable », sans préciser quand la centrale pourrait reprendre ses activités.

Dans les pays voisins, la situation est tout aussi préoccupante. En Hongrie, la centrale de Paks, qui dépend également des eaux du Danube pour son refroidissement, a jusqu’à présent évité un arrêt total. Cependant, cette centrale, qui fournit environ un tiers de l’électricité hongroise, fonctionne déjà partiellement à l’arrêt depuis fin juillet.

La Suisse n’est pas épargnée non plus. Le 26 juin, l’exploitant Axpo a pris la décision d’arrêter la centrale de Beznau pour éviter une élévation excessive de la température de l’Aar, utilisée pour le refroidissement. La réglementation environnementale impose des limites strictes sur la température des eaux de rejet pour protéger les écosystèmes aquatiques, ce qui a conduit à des arrêts préventifs lorsque la température de l’eau monte trop haut.

En France, la situation est similaire. En juillet, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a dû accorder une dérogation temporaire pour ajuster les limites de rejet thermique à la centrale de Bugey, afin d’éviter son arrêt en raison de la hausse des températures du Rhône. Par ailleurs, depuis juin, plusieurs centrales, dont celles de Saint-Alban, Golfech et Tricastin, ont vu leur production réduite ou arrêtée à plusieurs reprises, en raison de la réglementation sur la température des cours d’eau et de la baisse de leur niveau.

Mercredi, EDF a rapporté un taux d’indisponibilité pour motifs environnementaux atteignant 20,4 % de sa puissance nominale, avec 13 réacteurs sur 57 à l’arrêt ou bridés en France. La production nucléaire a ainsi chuté de 3 % en juin et de 6 % en juillet 2026, conséquence des fortes chaleurs et des contraintes environnementales. Les scientifiques préviennent que de tels problèmes deviendront de plus en plus fréquents, alors que le réchauffement climatique prolongera les périodes de sécheresse.