France

La justice valide l’expulsion de la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova.

Xenia Fedorova, chroniqueuse russe proche du Kremlin, se trouve actuellement à l’étranger et ne retournera en France que si l’arrêté d’expulsion qui la concerne est suspendu, a déclaré son avocat ce lundi. Le tribunal administratif de Paris a, en effet, rejeté sa demande de référé-liberté visant à contester son expulsion et le gel de ses avoirs.

Dans son communiqué, le tribunal a souligné que Fedorova n’avait pas justifié un besoin impérieux de rester sur le territoire français, n’avait pas sollicité d’autorisation auprès des autorités compétentes et s’était limitée à évoquer de manière vague une gêne liée à l’obligation de pointage. Par conséquent, le juge a estimé qu’il n’y avait pas d’« extrême urgence » à considérer.

Accusée de servir de relais aux campagnes de désinformation orchestrées par les autorités russes pour « déstabiliser l’ordre public » en France, Fedorova, qui intervient sur plusieurs médias tels que CNews et Europe 1, a récemment fait l’objet d’un arrêté d’expulsion. Les magistrats ont noté qu’elle avait choisi d’introduire une action en référé-liberté, qui nécessite la démonstration d’une extrême urgence, alors qu’elle aurait pu opter pour un référé-suspension, qui impose une urgence moins stricte. Ils ont également précisé que sa requête ne présentait pas les incidences personnelles graves résultant des décisions contestées.

Son avocat, Emmanuel Piwnica, a exprimé son « très grand regret » suite à cette décision et a indiqué qu’il continuerait à contester les mesures prises à son encontre.

La montée en puissance de Fedorova dans les médias contrôlés par le milliardaire Vincent Bolloré a suscité des inquiétudes concernant une éventuelle manipulation du débat public, notamment en vue de l’élection présidentielle de 2027. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué des déclarations de Fedorova qui reprennent systématiquement la propagande du Kremlin sur des sujets tels que l’engagement de la France et le conflit en Ukraine, justifiant ainsi son expulsion. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, l’a qualifiée d’« agente d’influence ».

Le gel de ses avoirs vise à empêcher toute ingérence supplémentaire, selon le ministère de l’Économie, en restreignant l’accès à des ressources économiques qui pourraient profiter à Fedorova ou à des entités qu’elle contrôle.

Fedorova a défendu son comportement, affirmant qu’elle vit en France depuis près de dix ans en respectant la loi et en payant ses impôts, tout en exprimant librement ses opinions en tant que journaliste. Ses employeurs actuels, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la liberté d’expression.

Le tribunal administratif a précisé que son rejet de la demande de référé-liberté ne l’empêche pas de soumettre une nouvelle requête en précisant les circonstances de sa situation ou de saisir le juge pour un référé-suspension.