
Incendies : Risques pour ceux qui refusent d’évacuer leur logement.
En pleine saison touristique, des vacanciers ont quitté leur logement, leur location ou leur camping dans la précipitation. Alors que l’incendie qui a débuté mercredi à Saumos (Gironde) continue de progresser, menaçant la presqu’île du Cap Ferret, environ 40.000 personnes « ont été évacuées ou sont en voie de l’être par voie terrestre ou maritime », a déclaré ce vendredi matin le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Dans les Landes, où un incendie s’est déclaré jeudi près de Biscarrosse, plusieurs milliers de touristes ont également fui leur camping en urgence.
Cet ordre d’évacuation est une décision prise par le préfet en cas de risque naturel tel qu’un incendie, une crue majeure ou un risque technologique. Une fois l’ordre émis par les autorités, les populations concernées doivent impérativement quitter leur logement en n’emportant que l’essentiel, c’est-à-dire les documents d’identité, les médicaments ainsi qu’un petit kit d’urgence (eau, trousse de premier secours, couverture de survie…).
Malgré l’ordre d’évacuation, pris par arrêté, il arrive parfois que des personnes refusent de quitter leur logement malgré l’urgence. Bien que cette situation soit rare, elle est très difficile à gérer pour les autorités. Dans un premier temps, une phase d’échange s’engage avec les récalcitrants pour leur expliquer les risques encourus et tenter de les convaincre. Cette mission peut incomber au maire, aux élus, aux pompiers ou aux forces de l’ordre. « La doctrine opérationnelle privilégie systématiquement la persuasion et l’accompagnement », souligne Simon Habart, porte-parole de la Sécurité civile interrogé par nos confrères de TF1info.
Si la personne refuse toujours d’évacuer, elle s’expose alors à de gros risques, notamment pour sa vie. Dans certains territoires, les communes font signer une décharge de responsabilité aux riverains qui ne veulent rien entendre, mais ce document n’a pas une grande valeur juridique. L’ordre d’évacuation étant un arrêté de police, son non-respect expose également à des sanctions administratives, pénales et civiles.
En dernier recours, l’évacuation forcée d’une habitation par les forces de l’ordre peut être demandée avec l’accord du procureur. « On en arrive tout de même rarement là », précisait en 2022 Mathias Lavolé, ingénieur en prévention des risques à l’institut des risques majeurs de Grenoble, sur l’antenne de BFM. Ce qui arrive souvent, en revanche, c’est que convaincre les gens prenne du temps, ce qui peut entraîner des évacuations tardives et dans de mauvaises conditions.
