France

Incendies : 300.000 signataires exigent l’arrêt de la chasse pour la faune, colère des chasseurs

« Monsieur le Premier Ministre, ne soyez pas le complice d’un second désastre. » Alors que les incendies continuent de ravager le pays, les animaux vivant dans ces forêts sont en danger. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a d’ailleurs averti lundi que les dommages causés par les incendies sur la faune sauvage seront « catastrophiques », évoquant « des pertes extrêmement importantes », notamment parmi les cerfs et les oiseaux. Face à cette tragédie, une pétition a été lancée pour demander « un moratoire immédiat de la chasse dans nos forêts incendiées ». Initiée par Bruno Valentin, responsable d’un refuge pour animaux, cette pétition est adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu. Ce jeudi après-midi à 16 heures, elle avait déjà recueilli plus de 300.000 signatures.

« De la majestueuse forêt de Fontainebleau, poumon vert mondialement connu et trésor de biodiversité, aux massifs de l’Aude et de l’Ardèche, nos forêts ne sont plus que des paysages de cendres », est-il souligné. « Pourtant, dès l’ouverture de la saison, les fusils vont à nouveau résonner sur ces terres blessées. Il est inadmissible que l’on autorise la traque là où la nature tente de renaître. »

Les signataires de la pétition demandent donc au chef du gouvernement « l’interdiction totale de toute forme de chasse » dans les forêts touchées par les incendies durant l’été 2026. Ils réclament également « un périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués ». Enfin, le texte appelle à « un moratoire de trois ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère et que les cycles de reproduction reprennent naturellement ».

Dans un communiqué, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a réagi à ces demandes d’interdiction, qui se multiplient également sur les réseaux sociaux. La FNC dénonce « des mouvements politiques et des associations qui profitent de l’occasion pour se livrer à des surenchères idéologiques concernant la faune dans les zones brûlées » et qui « ont une seule chose en tête, profiter d’une situation de crise exceptionnelle pour arriver à leurs fins… arrêter la chasse ! » La FNC précise par ailleurs que « la pratique de la chasse sur ces territoires sinistrés se discutera au cas par cas avec les préfets concernés ». Le gouvernement pourrait-il prendre un arrêté en ce sens ? Contactés par 20 Minutes, Matignon n’a pas répondu à nos sollicitations. Au ministère de l’Écologie, on renvoie la responsabilité vers les préfectures des zones touchées. « Cette décision [de suspendre la chasse] relève exclusivement de l’appréciation des préfets, qui évaluent, au regard de la situation locale, si les dégâts subis par les écosystèmes justifient une telle mesure. »