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Guerre en Iran : La « Flotte moustique » iranienne, petite et dangereuse

Dans le détroit d’Ormuz, la marine des Gardiens de la révolution a développé une « flotte moustique » composée de centaines, voire de milliers de petites embarcations. Les primes d’assurance contre les risques de guerre pour le transit par Ormuz sont dix fois plus chères depuis le début des opérations militaires.

Dans le détroit d’Ormuz, une « flotte moustique » est en activité. Attention, il ne s’agit pas d’insectes, mais de la marine des Gardiens de la révolution. Les grands navires de guerre iraniens ont été détruits par les frappes d’Israël et des États-Unis depuis le début du conflit, le 28 février. Il reste cependant des centaines, voire des milliers de petites embarcations, telles que des vedettes, des patrouilleurs, des pneumatiques et des drones de surface et maritimes.

Agiles, rapides et dotés de roquettes, de missiles antinavires, de torpilles et de drones, « ces petits bateaux se révèlent très efficaces par rapport à leur taille et peuvent causer d’importants dégâts à des bâtiments beaucoup plus grands », explique Alain De Nève, chercheur à l’Institut royal supérieur de Défense en Belgique.

Depuis le début des opérations militaires, les primes d’assurance contre les risques de guerre pour le transit par Ormuz ont été multipliées par dix. Le prix du baril de Brent a augmenté, passant d’environ 70 dollars fin février à 120 dollars en mars, avant de se stabiliser autour de 105 dollars actuellement, entraînant une crise des produits pétroliers, y compris des carburants.

Inefficacité des lourds armements et navires américains

Malgré son avance technologique considérable, la marine américaine peine à détruire cette flotte qui bénéficie de plusieurs avantages. Le premier est géographique : les côtes iraniennes du Golfe persique, qui s’étendent sur près de 1.400 kilomètres, sont fragmentées et offrent de nombreuses cachettes pour ces petites embarcations rapides.

Un autre atout est le soutien dont bénéficient les Gardiens de la révolution pour maintenir cette flotte opérationnelle, malgré les bombardements d’Israël et des États-Unis. « On peut supposer que la Chine et la Russie pourraient fournir de l’aide logistique par voies terrestres » via des pays tiers comme le Pakistan ou l’Afghanistan, note Alain De Nève. Le chercheur précise que le régime reçoit probablement un soutien pour des frappes de précision, notamment celle réalisée le 30 mars, durant laquelle un drone Shahed a détruit le radar d’un avion américain Awacs stationné en Arabie saoudite.

Pas « de remise en question » de la stratégie militaire américaine

Un troisième avantage est la démocratisation des drones, que l’Iran utilise intensivement. « Cela a tendance à immobiliser le champ de bataille face à l’armada américaine dans le Golfe persique », indique Alain De Nève. Les forces américaines ne sont pas adaptées à la guérilla maritime, souligne l’expert, car la culture stratégique américaine est axée sur la supériorité technologique. Cette réflexion entre en contradiction avec l’efficacité des tactiques de guérilla et des armements conçus ou utilisés par des nations militairement moins puissantes, qui doivent faire preuve d’agilité pour survivre.

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Les guerres du Vietnam, d’Irak, ou le retrait d’Afghanistan en 2021, qualifié de « désastre » par Donald Trump… « Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à chaque fois que les États-Unis ont affronté des adversaires moins puissants, ils ont perdu ou ont dû abandonner le combat d’une manière ou d’une autre », rappelle le chercheur Alain De Nève. Selon lui, ces échecs résultent des politiques américaines. L’expert souligne que cette « ignorance de la connaissance approfondie de l’adversaire et cette absence de remise en question sont aggravées aujourd’hui par l’idéologie MAGA », du nom du mouvement politique associé à Donald Trump. À des milliers de kilomètres de Washington, dans le Golfe persique, cela se traduit par une « paralysie totale des Américains ».