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Guerre au Moyen-Orient : Trump mise sur la pression économique contre l’Iran.

Cinq mois après le début du conflit avec l’Iran, la stratégie de Donald Trump évolue vers une approche axée sur l’attente, en mettant l’accent sur les sanctions économiques pour affaiblir Téhéran. Mercredi, le président américain a souligné les difficultés financières rencontrées par l’Iran, réitérant dimanche à Axios : « On reste discrets. » Il affirme que les discussions entre Washington et Téhéran sont limitées et que l’administration préfère observer les effets des pressions économiques.

Bien que Trump ne ferme pas la porte à de nouvelles frappes militaires, son discours a changé, s’éloignant des menaces formulées précédemment. Lors d’une réunion dans le Bureau ovale lundi, il a déclaré que Téhéran pouvait toujours « causer des ennuis », tout en insistant sur le fait que « ils sont fauchés. Ils n’ont pas d’argent. » Sur Truth Social, il a également évoqué l’inflation en Iran, affirmant qu’elle dépassait 300 % et que « les soldats qui leur restent ne sont pas payés. »

Cette stratégie repose sur l’idée que les sanctions finiront par forcer l’Iran à céder. Les États-Unis imposent un blocus sur les ports iraniens, tandis que Téhéran contrôle le détroit d’Ormuz, un point névralgique pour le commerce mondial du pétrole. Michael O’Hanlon, expert à la Brookings Institution, a noté que « l’Iran est en très mauvais état » économiquement, en raison de son incapacité à exporter du pétrole et à accéder à ses avoirs à l’étranger. Cependant, il tempère cette analyse en se demandant si cela préoccupe réellement les dirigeants iraniens : « Un peu, selon moi, mais pas beaucoup. »

Des sources du Wall Street Journal rapportent que les conseillers de Trump lui ont présenté des graphiques montrant l’impact des sanctions. Le président envisagerait de renforcer les mesures existantes ou d’en introduire de nouvelles. Fin juillet, des sanctions supplémentaires avaient déjà été imposées à des entités iraniennes liées aux Gardiens de la révolution, signalant un changement tactique après des menaces militaires récentes.

Parallèlement, la diplomatie semble dans une impasse, notamment concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, un sujet que Trump n’évoque plus. Le 10 août, Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a critiqué sur X l’« addiction » des États-Unis aux sanctions, avertissant que cette attitude pourrait compromettre toute chance de résoudre la crise de manière moins humiliante.

La durée de cette nouvelle stratégie reste incertaine, alors que Trump a oscillé entre menaces militaires et perspectives diplomatiques. Des informations récentes indiquent également que les réserves américaines de certains missiles ont été considérablement réduites à cause du conflit, limitant ainsi les options militaires de Washington. En évoquant son affrontement avec Téhéran, Trump a comparé la situation à une partie d’échecs, une métaphore reprise par la diplomatie iranienne : « Les Iraniens ont montré qu’ils sont des joueurs d’échecs professionnels. »