Guerre au Moyen-Orient : Israël et France en tensions sur le Liban
Les relations entre Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou restent tendues depuis la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien. Le 8 avril, des frappes israéliennes sur le Liban ont causé plus de 350 morts et plus de 1.200 blessés, ce qui a été jugé « intolérable » par la France.
Les relations déjà très tendues entre Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou – aggravées par la reconnaissance par la France d’un État palestinien – continuent à se détériorer. Alors que des négociations directes entre Israël et le Liban se déroulent à Washington pour rechercher un chemin vers la paix, l’ambassadeur israélien aux États-Unis a lancé mardi une nouvelle critique contre la diplomatie française.
Lors d’une conférence de presse à l’issue des négociations, Yechiel Leiter a déclaré : « Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’immiscer dans ces négociations. »
**Des propos peu diplomatiques**
« Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix », a-t-il ajouté de manière peu diplomatique. M. Leiter a été interrogé par un journaliste sur un éventuel effort « concerté » du gouvernement israélien pour tenir la France à l’écart de ces pourparlers. « Ils ne sont pas nécessaires. Ils n’ont pas d’influence positive, surtout pas au Liban », a-t-il précisé.
Mardi, la France s’est associée à 17 pays pour exhorter le Liban et Israël à « saisir l’opportunité » de ces pourparlers de paix directs sous médiation américaine. Toutefois, Paris, qui entretient des liens historiques forts avec le Liban, a également appelé à inclure le front libanais dans le cessez-le-feu négocié par les États-Unis avec l’Iran, ce qui a suscité des critiques de la part d’Israël.
**Israël veut « libérer le Liban » du Hezbollah**
Le gouvernement français avait exprimé que les frappes israéliennes sur le Liban le 8 avril, qui ont causé plus de 350 morts et 1.200 blessés, étaient « intolérables », et s’est opposé à une offensive terrestre israélienne au Liban.
Dans le cadre de ce bras de fer avec la France, l’ambassadeur israélien a qualifié sa rencontre avec le Liban d’« excellent échange ». « Nous avons découvert aujourd’hui que nous (Israël et le Liban) sommes du même côté » et « unis dans notre volonté de libérer le Liban » du Hezbollah, pro-iranien.
De son côté, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, a décrit la « réunion préparatoire » comme « constructive », ajoutant qu’elle avait « appelé à un cessez-le-feu » entre Israël et le Hezbollah, ainsi qu’au retour des un million de déplacés dans leurs foyers.

