France

G7 à Évian-les-Bains : Le Royal, l’hôtel des dirigeants du sommet

L’hôtel Royal d’Evian-les-Bains accueille les dirigeants des pays les plus industrialisés à partir de dimanche, et a déjà reçu en 2003 toutes les délégations sous un même toit pour éviter les déplacements à risque. La ville d’Evian-les-Bains dispose des infrastructures adéquates pour le sommet du G7, et 20.000 membres des forces de l’ordre et de l’armée seront mobilisés en France et en Suisse pour sécuriser la zone.


Avec sa vue imprenable sur le lac Léman et son cadre feutré, l’hôtel Royal d’Evian-les-Bains accueillera à partir de dimanche, pour la seconde fois, les dirigeants des pays les plus industrialisés dans un environnement préservé du tumulte international. L’établissement cinq étoiles, situé au pied des Alpes françaises dans le sud-est du pays, dispose d’un « espace clos », décrit par François Dussart, directeur général du complexe Evian Resort, comme étant « facile à sécuriser » et faisant partie de l’« axe lémanique » à forte tradition diplomatique.

En 2003, le Royal avait rassemblé de façon inédite toutes les délégations sous un même toit, un modèle destiné à minimiser les risques liés aux déplacements, reconduit depuis sans interruption. Au cinquième étage, celui des suites les plus spacieuses, dormaient « Bush à l’Ouest, Poutine à l’Est et Chirac au milieu », se souvient avec un sourire Roger Mercier, à l’époque directeur général d’Evian Resort.

Les échanges entre les dirigeants se dérouleront dans une salle somptueuse de 300 mètres carrés, inaugurée pour l’occasion, dont de grandes baies vitrées offrent une vue sur le lac.

« C’est un événement lourd d’organisation », souligne François Dussart, qui insiste sur « la fierté » de recevoir des personnalités comme Emmanuel Macron et Donald Trump. Les dirigeants allemand, britannique, italien, canadien et japonais seront également présents, tandis que la Russie, exclue du G8 en 2014 suite à l’invasion de la Crimée, ne sera pas représentée.

Confiant, le directeur des lieux assure que « nos équipes sont faites pour organiser ce type d’événements » et qu’elles possèdent une grande expérience. En effet, dès 1938, le Royal avait accueilli la conférence d’Evian, organisée pour secourir les réfugiés juifs allemands et autrichiens.

Bien qu’en 1962, les accords d’Evian, mettant fin à la guerre d’Algérie, aient été signés dans un concurrent, l’hôtel du Parc, le Royal reçoit chaque année depuis 30 ans les rencontres franco-allemandes, visant à renforcer les relations économiques entre les deux nations. Le choix de revenir à Evian-les-Bains pour le sommet du G7 a donc été fait de manière « consensuelle », selon la présidence française, soulignant que la ville possède les « infrastructures adéquates », l’atmosphère du lac Léman et la proximité de Genève, ville internationale.

Evian est jugée « relativement facile à sécuriser », selon la maire divers droite Josiane Lei, qui mentionne un « périmètre naturel » formé par « le lac, la frontière suisse, les montagnes et la rivière ». Les manifestants devront respecter une distance de sécurité, avec des rassemblements autorisés uniquement à Genève. Près de 20 000 membres des forces de l’ordre et de l’armée seront mobilisés en France et en Suisse pour sécuriser la zone.

La majorité des discussions se tiendront dans l’enceinte du complexe, mais l’équipe municipale agira comme « facilitateur » en mettant à disposition des infrastructures telles que des gymnases, un port et le palais des Festivités. La maire y voit une « opportunité » pour faire connaître sa ville et développer le tourisme. Elle regrette qu’Evian soit surtout associée à l’eau minérale, sans que l’on songe à une destination où « l’on peut passer des vacances ».