France

Finances publiques : l’OCDE réclame un plan solide pour la France

L’OCDE a averti la France ce mardi qu’elle doit réaliser un redressement « important et durable » de ses finances publiques, passant par une réduction des dépenses et une augmentation des recettes. Fin mars, la dette publique française atteignait 3.536,1 milliards d’euros, représentant 117,5 % du produit intérieur brut (PIB).


C’est une alerte que l’OCDE a adressée à la France ce mardi. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques, notre pays doit effectuer un redressement « important et durable » de ses finances publiques. Cela implique une réduction des dépenses et une augmentation des recettes, afin de stabiliser la dette française. « Le déficit budgétaire a continué de se creuser et la dette publique a augmenté régulièrement », indique l’OCDE dans une étude consacrée à la France.

Deuxième économie de la zone euro après l’Allemagne, la France est considérée comme l’un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1 % du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2 %). Ce niveau est jugé trop important pour permettre de stabiliser sa dette, qui est la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l’Italie.

La dette risque de se creuser. Fin mars, la dette publique française atteignait 3.536,1 milliards d’euros, représentant 117,5 % du produit intérieur brut (PIB), contre 115,7 % fin 2025 et environ 60 % en 2000, selon l’Institut national de la statistique (Insee). Le ratio de dette pourrait se dégrader davantage en raison de la hausse des taux d’intérêt, des dépenses liées au vieillissement démographique, à la transition climatique et à la défense, prévient l’OCDE. « Les coûts d’emprunt figurent maintenant parmi les plus élevés de la zone euro. Si rien n’est fait, la dette publique pourrait atteindre 203 % du PIB d’ici 2050 », a averti le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, lors d’une conférence de presse.

A ses côtés, le ministre français de l’Economie, Roland Lescure, a déclaré que le redressement des finances publiques se poursuivrait dans le cadre de la préparation du budget 2027. Un comité d’alerte est prévu le 7 juillet. « Ce sera difficile. On fait face à une montagne, mais on est convaincu qu’on va réussir à la franchir, à condition, évidemment […] que les groupes parlementaires présents à l’Assemblée fassent le choix du sérieux », a-t-il ajouté.

« Notre capacité collective à convaincre qu’on est capable d’être en dessous de 3 % [du PIB de déficit public] en 2029 doit rester une ancre clé de notre politique budgétaire », a-t-il souligné.

Pour l’OCDE, stabiliser la dette d’ici à 2030 nécessite « en priorité » de réduire le niveau élevé de dépenses publiques, qui pesaient 57,2 % de la richesse nationale produite en 2025.

Ces dépenses peuvent être rendues plus efficaces. L’OCDE souligne, par exemple, que les dépenses de santé et d’éducation par habitant sont plus élevées en France que dans des pays affichant pourtant « de meilleures performances ». Elle plaide également pour relancer la réforme des retraites de 2023.

L’OCDE appelle également les pouvoirs publics à renforcer l’emploi et la productivité pour redynamiser une économie certes résiliente face aux crises, mais dont « les perspectives de croissance restent moroses sur fond d’incertitude politique exacerbée », à moins d’un an de l’élection présidentielle.

Comme l’a remarqué *Le Monde*, l’OCDE propose aussi une augmentation des recettes. L’organisme plaide ainsi pour une taxation équivalente du gazole et de l’essence, ou encore pour un « examen approfondi » des nombreuses niches fiscales et de leur efficacité.

Prévoyant une croissance du PIB de 0,7 % en 2026 et 0,8 % en 2027, après 0,9 % en 2025, l’OCDE souligne que depuis quinze ans, l’écart de PIB par habitant s’est creusé par rapport aux économies de l’OCDE aux revenus les plus élevés.