Festival de Cannes 2026 : Rossy de Palma dit qu’Almodóvar n’a pas changé en 40 ans
Rossy de Palma connaît Pedro Almodóvar depuis quarante ans et souligne que « Pedro n’a pas changé en quarante ans ». Elle affirme que Pedro Almodóvar a « ouvert la voie à de nombreux créateurs, mais aussi créatrices en Espagne » et que « sa liberté, son honnêteté et son courage ont eu un impact énorme ».
Cela fait maintenant quarante ans que Rossy de Palma connaît Pedro Almodóvar, et elle est la première à en être surprise. « Pedro n’a pas changé en quarante ans », affirme-t-elle, sa passion pour les actrices et le cinéma restant intacte. Un constat que le spectateur peut également faire dans *Autofiction*, un réjouissant jeu de miroirs, présenté en compétition au Festival de Cannes avant de sortir dans les salles françaises le 20 mai prochain.
Cette mise en abîme autour d’un réalisateur qui écrit son nouveau scénario en s’inspirant de la vie de ses proches est particulièrement amusante. « Je ne suis pas fan du titre français qui gâche un peu la surprise », confie Rossy de Palma. « On aurait dû garder le titre espagnol, “Noël amer”, que je trouve plus intrigant. » Selon elle, le réalisateur se retrouve un peu dans chaque protagoniste, révélant ainsi plusieurs aspects de sa vie et de son caractère.
Elle ne joue qu’un rôle secondaire, celui d’une femme de pouvoir extravagante, mais sa présence est, comme toujours, explosive. « Mon personnage fait le lien entre plusieurs générations de cinéastes », explique-t-elle, « un peu comme Pedro dans la vraie vie. Il est inspiré par une forte personnalité que les professionnels du cinéma espagnol peuvent reconnaître. » La comédienne ne se vexe pas du tout d’avoir un rôle secondaire. « Je suis si proche de Pedro que, même quand je ne participe pas à l’un de ses films, j’ai l’impression d’en faire partie. Quand ses actrices ont été récompensées à Cannes pour *Volver* où je ne jouais pas, j’ai regardé la cérémonie à la télé mais j’avais l’impression d’être là, avec elles. »
Rossy de Palma est une habituée de Cannes. « Je suis passée par tous les postes », se souvient-elle. « J’ai commencé par des films dans les sections parallèles puis en compétition. J’ai été dans le jury et j’ai présidé celui de la Caméra d’or. Je suis à la maison quand je viens à Cannes. » La casquette de réalisatrice manque encore à son palmarès cannois. « J’ai une idée de scénario, mais je finirai peut-être par la confier à quelqu’un car je ne suis pas certaine d’avoir la patience d’être réalisatrice. J’ai trop de projets comme comédienne pour me lancer dans cette aventure en ce moment. »
Pour Rossy de Palma, Pedro Almodóvar a changé le cinéma espagnol. « Il a ouvert la voie à de nombreux créateurs, mais aussi créatrices en Espagne. Il n’y aurait pas autant de réalisatrices si Pedro n’avait pas été là. Sa liberté, son honnêteté et son courage ont eu un impact énorme. » L’influence du réalisateur dépasse le cadre du cinéma. « Quand il a montré deux hommes faisant l’amour dans *La Loi du désir* ou des femmes fortes capables de supporter des épreuves dans ses autres films, il a changé la perception du monde pour un large public qui se sentait enfin pris en compte, représenté. » Pedro Almodóvar n’a jamais remporté la Palme d’or. Même s’il repart encore bredouille cette année, cela n’enlèvera rien à son importance indiscutable dans le monde du 7e art et au-delà.

