États-Unis : L’économie américaine est en berne malgré les promesses de Trump
La croissance du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre a été revue à la baisse à 1,6 % en rythme annualisé, contre 2 % lors de l’estimation précédente, selon les données du Bureau of Economic Analysis (BEA). Les prêts immobiliers à trente ans, les plus répandus aux Etats-Unis, affichent désormais un taux moyen de 6,53 %, selon Freddie Mac.
Voilà qui ne va pas contribuer à la popularité de Donald Trump. Plusieurs indicateurs publiés aux États-Unis ce jeudi ont révélé un ralentissement marqué de l’économie américaine, malgré les discours optimistes du président et de son administration. La croissance du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre a été révisée à la baisse à 1,6 % en rythme annualisé, par rapport à 2 % lors de l’estimation précédente, selon les chiffres du Bureau of Economic Analysis (BEA). Les dépenses de consommation et les investissements avaient été surestimés lors des premières évaluations.
Parallèlement, l’indice d’inflation PCE, également publié jeudi, indique une accélération des prix atteignant 3,8 % sur un an en avril, un niveau inédit depuis près de trois ans. Cette hausse est en grande partie due à l’augmentation des prix de l’essence consécutive au déclenchement du conflit avec l’Iran. Toutefois, Washington affirme que cette inflation sera temporaire. « Je suis convaincu que nous allons surmonter cette période délicate », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent, évoquant des perspectives de « désinflation significative » et soulignant que le chômage demeure limité à 4,3 %.
## Le revenu des Américains en baisse
Les données publiées jeudi révèlent également une diminution du revenu disponible des ménages américains. Les revenus progressent moins rapidement que les prix, tandis que le taux d’épargne a chuté à 2,6 % en avril, contre 3,2 % le mois précédent. « Ouch », a réagi sur X l’économiste Heather Long, de Navy Federal Credit Union. Selon elle, « cela montre à quel point les finances des Américains sont actuellement sous pression », une situation qu’elle juge « intenable ».
Le marché du travail semble également moins dynamique. Dans une note, l’économiste Gregory Daco, du cabinet EY, souligne que les embauches et les augmentations de salaires ralentissent. D’après lui, l’économie américaine repose désormais sur « trois piliers étroits » : les ménages les plus riches, les investissements liés à l’IA et l’augmentation des actifs financiers. « Ces piliers masquent le fait que les fondations de l’économie sont de plus en plus instables », estime-t-il, mentionnant notamment le ralentissement de la consommation et les difficultés persistantes du secteur immobilier.
## Le marché de l’immobilier en souffrance
Le marché des maisons neuves a clairement reculé en avril, loin des attentes de relance affichées par la Maison-Blanche. Les acheteurs font face à des prix immobiliers élevés, à des taux d’emprunt accrus et à une baisse du pouvoir d’achat. « Les acheteurs potentiels sont confrontés à la fois à la hausse des prix de l’immobilier, à l’augmentation des taux d’emprunt et à la diminution de leur pouvoir d’achat », souligne Yelena Maleyev, économiste chez KPMG.
Les prêts immobiliers à trente ans, les plus courants aux États-Unis, affichent désormais un taux moyen de 6,53 %, selon Freddie Mac. Ils étaient passés sous les 6 % juste avant le début du conflit avec l’Iran fin février. La hausse des taux s’explique en partie par les craintes inflationnistes liées à la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump avait pourtant fait du pouvoir d’achat et de la baisse du coût du crédit deux axes majeurs de sa campagne de réélection.

