
Etats-Unis : Donald Trump peut-il vraiment rester président en 2028 ?
Donald Trump suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion publique américaine. Alors que certains le considèrent comme un provocateur, d’autres s’inquiètent de ses ambitions politiques futures. Son imprévisibilité rend difficile toute tentative d’anticipation de ses prochaines actions, notamment après qu’il a partagé, le 16 août dernier, une image de lui portant sa célèbre casquette rouge « Trump 2028 » avec la légende « Nous allons gagner ». Ce message a laissé plus d’un observateur perplexe quant à ses intentions.
La Constitution des États-Unis représente un obstacle majeur pour Trump, car elle interdit à un président de briguer un troisième mandat, qu’il soit consécutif ou non. Cette restriction, inscrite depuis 1947 et ratifiée en 1951, pourrait-elle être contournée ? Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, a évoqué en 2025 des « 5 ou 6 scénarios différents » permettant à Trump de se représenter, affirmant même qu’il pourrait redevenir président le 20 janvier 2029.
Le 22e amendement stipule clairement que « nul ne peut être élu à la présidence plus de deux fois ». Toutefois, le terme « élu » pourrait ouvrir la voie à des interprétations. Si Trump devait être choisi comme colistier d’un candidat, par exemple JD Vance, et si ce dernier remportait l’élection, Trump pourrait devenir vice-président. Pour retrouver le pouvoir, il lui suffirait alors de convaincre son partenaire de démissionner, le vice-président étant le second dans l’ordre de succession. Cependant, Trump a déjà écarté cette option, probablement en raison des ambiguïtés entourant le 12e amendement, qui stipule que pour se présenter comme vice-président, il faut être éligible à la présidence.
Une autre possibilité, bien que peu probable, serait que Trump devienne président de la Chambre des représentants, ce qui le placerait en troisième position dans l’ordre de succession. Cela lui éviterait de soulever la question de son inéligibilité. En outre, si le vice-président démissionne, le président a la possibilité de nommer un nouveau vice-président sans élection. Ainsi, si JD Vance devait choisir Trump comme remplaçant, cela pourrait créer une situation où Trump pourrait laisser son siège vacant pour revenir à la présidence, un scénario déjà observé dans le passé avec Gerald Ford.
Trump a souvent montré une relation conflictuelle avec le cadre légal, n’hésitant pas à ignorer les lois, comme il l’a fait avec ses droits de douane. Il pourrait envisager de se représenter malgré l’interdiction, laissant à la Cour suprême le soin de trancher, bien que la clarté du texte constitutionnel rend cette option incertaine. Une autre possibilité serait qu’il refuse de quitter le pouvoir, invoquant un prétexte pour instaurer la loi martiale, ce qui annulerait l’application du droit ordinaire.
Avant l’adoption du 22e amendement, Franklin Roosevelt avait réussi à rester en fonction plus de deux mandats, et même après sa mise en œuvre, certains, comme Richard Nixon, n’ont pas écarté l’idée de se présenter à nouveau. Nixon, porté par un mouvement visant à abroger cet amendement, avait envisagé de prolonger son mandat, mais ses ambitions ont été stoppées par le scandale du Watergate. Ces précédents montrent que l’idée de contourner les restrictions constitutionnelles n’est pas nouvelle et que d’autres, avant Trump, ont également rêvé de prolonger leur pouvoir.
