
Deux millions de personnes se sont fait dépister via Mon test IST
Le dispositif gratuit de dépistage « Mon test IST » a été utilisé par deux millions de personnes entre son lancement le 1er septembre 2024 et juin 2026, selon des chiffres de l’Assurance maladie transmis à 20 Minutes. Son essor est jugé important par les biologistes interrogés, car il a élargi l’accès au dépistage de plusieurs infections sexuellement transmissibles, notamment chez les jeunes et chez les hommes.
Un accès simplifié au dépistage
Le principe repose sur un parcours plus direct que celui d’une consultation classique. Le test est proposé sans ordonnance, sans rendez-vous et gratuitement pour les moins de 26 ans ; au-delà, il est pris en charge par l’Assurance maladie et les mutuelles. Il permet de rechercher cinq IST : le VIH, l’hépatite B, la syphilis, la chlamydia et la gonorrhée.
Selon la Cnam, ce dispositif représente un tiers des dépistages d’IST. Dans certains réseaux de laboratoires, l’effet est encore plus marqué. Chez Biogroup, le docteur Vincent Vieillefond explique que le nombre de personnes venues sans ordonnance est comparable à celui des patients dépistés avec ordonnance, ce qui revient, selon lui, à presque doubler l’activité de dépistage.
Un public plus jeune et plus masculin
Les professionnels de laboratoire observent que « Mon test IST » attire des personnes qui se faisaient moins dépister auparavant. Chez Biogroup, un utilisateur sur deux a moins de 26 ans, alors que parmi les personnes dépistées avec ordonnance, une sur deux a moins de 40 ans. Pour le docteur Benoît Chassain, chez Cerballiance, cette évolution s’explique par la simplicité du dispositif, son absence d’avance de frais et la fiabilité des tests.
Le dispositif semble aussi toucher davantage d’hommes. Chez Biogroup, leur proportion est plus élevée parmi les utilisateurs de « Mon test IST » que parmi les patients dépistés sur ordonnance, surtout entre 20 et 39 ans. Les biologistes avancent que les jeunes hommes ont moins souvent un suivi régulier en santé sexuelle que les jeunes femmes, mais ils soulignent aussi qu’il est difficile de savoir si ces personnes se seraient fait dépister autrement.
Des résultats positifs et des limites de suivi
Les laboratoires signalent un nombre important de résultats positifs, en particulier pour la chlamydia. Le docteur Nicolas Le Fleuter, directeur médical de Biogroup, indique que certaines IST sont plus souvent détectées chez les personnes venues sans ordonnance. Cela peut s’expliquer, selon lui, par le fait que ces patients réalisent plus souvent des prélèvements multisites, ce qui augmente les chances de repérer une infection.
Cette détection est d’autant plus utile que beaucoup de personnes infectées n’ont aucun symptôme. La Haute Autorité de santé estime que 60 % à 70 % des femmes et 50 % des hommes porteurs d’une chlamydia ne ressentent rien. Mais le dispositif a une limite : en cas de test positif, le patient doit ensuite consulter un médecin pour obtenir un traitement, contrairement à certains centres de santé sexuelle. Les biologistes disent que ce suivi n’est pas toujours simple, notamment pour les personnes sans médecin traitant.
Ce qu’il faut retenir
- Deux millions de personnes ont utilisé « Mon test IST » entre septembre 2024 et juin 2026, selon l’Assurance maladie.
- Le dispositif permet un dépistage gratuit, sans ordonnance et sans rendez-vous de cinq IST, et il représente un tiers des dépistages d’IST d’après la Cnam.
- Les laboratoires observent davantage de jeunes, davantage d’hommes et plus de résultats positifs, mais le traitement après un test positif nécessite ensuite une consultation médicale.
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