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Coucher avec son partenaire en pensant à quelqu’un d’autre : pas si grave.

Un collègue, un voisin, un ami d’ami… Avoir des fantasmes sur une connaissance est une pratique courante, et pour certains, ces pensées s’invitent même sous la couette. Selon une étude* Discurv pour XLovecam publiée ce mercredi, 39 % des personnes interrogées ont déjà pensé à une autre personne durant un rapport sexuel avec leur partenaire pour faciliter l’orgasme. Près d’une personne sur dix (8 %) admet le faire fréquemment.

Évoquer le regard captivant, les muscles bien dessinés ou les courbes séduisantes de son « crush » pour intensifier son excitation lors d’un moment intime avec son partenaire a un nom : l’alorgasmie. Magali Croset-Calisto, psychologue, sexologue et autrice de La sexualité qu’est-ce que ça change ? (Éditions Labor et Fides, 2025), reçoit de nombreuses personnes concernées dans son cabinet. « Souvent, elles éprouvent de la culpabilité et craignent que ce fantasme ne révèle une vérité cachée sur leur couple ou sur leurs sentiments », témoigne la psychologue.

L’imaginaire érotique est un domaine qui n’a rien de pathologique, rassure Magali Croset-Calisto. « Cela fait partie du fonctionnement ordinaire de l’imaginaire érotique. Le désir mobilise toute une vie intérieure avec ses souvenirs, ses fantaisies et ses projections. » En somme, chacun a besoin d’un espace psychique personnel qui ne se confond pas avec la réalité. La sexologue rappelle également qu’une pensée ne constitue pas une infidélité.

« C’est un espace mental qui peut coexister avec la relation, sans nécessairement la menacer », souligne Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple. Les recherches scientifiques soutiennent d’ailleurs cette perspective. Une étude canadienne publiée dans la revue Archives of Sexual Behavior, réalisée sur 546 personnes en couple stable, démontre que ces pensées ne sont pas liées à une diminution de la satisfaction relationnelle. Les chercheurs n’ont observé aucun lien avec l’insatisfaction amoureuse ou le désengagement envers son partenaire.

Éveiller un souvenir érotique ou faire appel à une figure idéalisée peut stimuler la chimie du désir. « L’alorgasmie peut permettre d’explorer un scénario plus transgressif, de se reconnecter à soi-même, de pallier un manque temporaire dû à la fatigue ou au stress, de faciliter le lâcher-prise ou de sortir d’une dynamique de performance en déplaçant l’attention », estime Céline Vendé.

Cependant, pour demeurer un élément sain, l’alorgasmie doit rester un outil parmi d’autres, être occasionnelle, coexister avec une présence réelle au partenaire et ne pas engendrer de honte excessive. « Le risque ne réside pas dans le fait de penser à quelqu’un pendant quelques secondes, mais dans l’automatisation de ce geste », précise Céline Vendé.

« Si ces pensées deviennent systématiques, indispensables à l’excitation ou qu’elles remplacent durablement l’interaction avec le partenaire, elles peuvent signaler un problème plus profond », analyse Magali Croset-Calisto. Les deux thérapeutes estiment qu’il serait judicieux, dans ce cas, de consulter un ou une sexologue afin de comprendre ce que ces pensées récurrentes révèlent du désir, de l’attachement et de la dynamique du couple.

* Étude Discurv pour XLovecam réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 15 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus