France

Colère à Notre-Dame-des-Landes face à un nouveau projet de l’État

À Notre-Dame-des-Landes, des habitants et des opposants au futur centre de rétention administrative de Nantes dénoncent l’utilisation de terres préservées pour compenser la destruction d’une forêt urbaine au nord de la ville. Le préfet de Loire-Atlantique a autorisé le projet environnemental lié au CRA, ce qui relance un conflit ancien autour de l’usage des sols et de la place donnée à l’agriculture face aux aménagements de l’État.

Des terres de la ZAD à nouveau concernées

Le point de crispation porte sur des parcelles situées à La Freusière, à Notre-Dame-des-Landes, à une trentaine de kilomètres du site du futur CRA. Selon le communiqué préfectoral, ces terrains doivent servir à des mesures de compensation et d’accompagnement liées au projet. Pour les opposants, le choix de ces terres est particulièrement sensible, car elles avaient été conservées de l’artificialisation après des années de mobilisation contre l’aéroport abandonné.

Benjamin Cuena, membre de la coordination Colère CRA, estime que l’État revient sur un espace qui avait été protégé pour l’agriculture. Manu, habitant de la ZAD, juge de son côté que parler de compensation est trompeur, en affirmant que les parcelles sont déjà cultivées et entretenues. Dans leur lecture, le projet ne répare pas une atteinte écologique mais accompagne un nouvel aménagement jugé incompatible avec l’histoire du lieu.

Le préfet défend une logique de renaturation

La préfecture présente au contraire ces interventions comme des actions de renaturation sur des secteurs décrits comme dégradés. Les mesures annoncées comprennent la désartificialisation des sols, le retrait de remblais, le décompactage et l’amendement de terres agricoles, ainsi que le renforcement des haies et le ramassage de déchets. Le préfet évoque aussi des dispositifs d’accompagnement destinés à favoriser la biodiversité et la fertilité des sols.

Selon cette version, les travaux doivent préserver l’activité agricole et améliorer la qualité écologique du territoire, y compris celle des cours d’eau voisins. Cette justification ne convainc pas les opposants, qui soulignent que les parcelles de compensation sont éloignées du site du CRA et ne peuvent, selon eux, remplacer la disparition d’un espace de fraîcheur local.

Un nouveau front contre le CRA de Nantes

Le centre de rétention administrative de Nantes a été annoncé en 2022 par Gérald Darmanin. Le projet doit devenir la plus grande structure de ce type dans l’Ouest. Il vise à accueillir des personnes étrangères que l’administration française considère comme ne pouvant pas rester sur le territoire.

La contestation s’organise déjà sur plusieurs fronts. Un rassemblement a eu lieu devant la préfecture contre l’abattage des premiers arbres au nord de Nantes. Les habitants de la ZAD prévoient aussi un semis collectif le 10 octobre sur les parcelles visées, avec l’objectif affiché de poser un geste à la fois politique et agricole. Pour eux, la bataille engagée autrefois contre l’aéroport se prolonge aujourd’hui dans le refus du CRA et de ce qu’ils décrivent comme la même logique d’aménagement.

Ce qu’il faut retenir

  • Le préfet de Loire-Atlantique a délivré l’autorisation environnementale liée au projet de CRA à Nantes.
  • Des parcelles de Notre-Dame-des-Landes doivent servir à des mesures de compensation, ce que les opposants contestent vivement.
  • Les habitants de la ZAD prévoient un semis collectif le 10 octobre pour s’opposer au projet.

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