France

Cinq informations essentielles sur la tapisserie de Bayeux avant la visite de Macron à Londres.

Le British Museum s’apprête à accueillir un événement sans précédent : l’exposition de la célèbre tapisserie de Bayeux. Ce chef-d’œuvre, prêté par la France, sera mis en lumière lors d’une visite anticipée par le président Emmanuel Macron, qui se rendra au musée londonien ce mercredi. Le public pourra admirer cette œuvre emblématique du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

Inscrite au registre Mémoire du Monde de l’Unesco, la tapisserie de Bayeux est un témoignage exceptionnel de l’histoire européenne. Commandée en 1077 par l’évêque Odon pour orner la cathédrale de Bayeux, elle retrace, à travers des scènes brodées, la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, demi-frère de l’évêque. La narration commence avec la désignation de Guillaume comme héritier du trône en 1064 et se termine par la déroute des troupes anglaises en octobre 1066.

Bien que l’identité des artisans qui ont réalisé cette œuvre demeure un mystère, de nombreux experts s’accordent à dire qu’elle a probablement été confectionnée en Angleterre. Le British Museum évoque des « brodeuses anglaises » influencées par des manuscrits canterburiennes, tandis que le musée de Bayeux la décrit comme « une création anglo-saxonne ». Mesurant près de 70 mètres de long et 50 cm de large, cette broderie pèse 350 kg et se compose de neuf panneaux en lin, illustrant environ 626 personnages et 202 chevaux à travers 58 scènes.

Ce prêt est d’une ampleur inédite, ayant été envisagé à deux reprises par le passé : en 1953 pour le couronnement de la reine Elizabeth II et en 1966 pour le 900e anniversaire de la bataille d’Hastings. La tapisserie avait déjà quitté Bayeux pour être exposée au Louvre entre 1803 et 1804 sur ordre de Napoléon Bonaparte, puis en 1944 pour honorer les troupes anglo-américaines ayant libéré la France. Pour cette exposition, la tapisserie sera présentée à plat pour la première fois.

Le président du British Museum, George Osborne, considère que cette exposition pourrait devenir « l’événement de notre génération », avec des prévisions de fréquentation dépassant le record de 1,69 million de visiteurs établi en 1972 lors de l’exposition de Toutânkhamon. La mise en vente des premiers billets le 1er juillet a suscité un engouement tel que la billetterie est déjà complète jusqu’au 31 décembre, avec de nouveaux billets disponibles à partir du 21 octobre.

Le transport et l’installation de cette œuvre fragile ont nécessité des mesures de sécurité rigoureuses, notamment la construction d’un caisson anti-vibrations. La tapisserie est arrivée discrètement à Londres le 10 juillet. Comme le stipule la convention en matière de prêts d’art, le coût, estimé à 5 millions de livres (environ 5,8 millions d’euros), sera pris en charge par le British Museum, un montant record pour l’institution. De plus, un accord entre Londres et Paris prévoit une indemnisation de 800 millions de livres (environ 920 millions d’euros) en cas de dommages significatifs à l’œuvre.

Les visiteurs devront s’attendre à des prix d’entrée élevés, variant entre 25 et 33 livres (28 à 38 euros), selon l’âge et l’horaire choisi, tandis que l’entrée est gratuite pour les moins de 16 ans. À titre de comparaison, le tarif d’entrée pour voir la tapisserie à Bayeux était de 12 euros. Le musée prévoit également d’organiser divers événements pour compenser les coûts, tels qu’une conférence avec les commissaires de l’exposition, facturée 50 livres (58 euros) en présentiel et 6 livres en ligne, ainsi qu’un atelier de broderie d’une journée à 300 livres (350 euros).