
Champion d’Europe de natation : certitudes et carences à deux ans des JO 2028
Au Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis, la natation française a connu des Championnats d’Europe bien plus satisfaisants que prévu, surtout après les inquiétudes initiales concernant Léon Marchand et Maxime Grousset. Alors que Marchand souffrait d’une blessure aux adducteurs l’ayant contraint à renoncer aux 200 et 400 m 4 nages, Grousset, quant à lui, se remettait d’une douleur au pied, laissant planer des doutes sur leur performance. Cependant, dès le début de la compétition, ils ont rapidement dissipé ces incertitudes en démontrant leur talent. Dimanche, Marchand a particulièrement brillé, laissant entrevoir un potentiel encore inexploré.
Léon Marchand, originaire de Toulouse, a abordé les épreuves de nage libre avec une confiance qui frôle l’arrogance. Lundi dernier, il a lancé le relais du 4 x 200 m nage libre avec une performance impressionnante, enregistrant un temps de 1’43 »76, la meilleure performance de l’année et le sixième meilleur temps de l’histoire sur cette distance. Ce chrono aurait suffi pour battre David Popovici, qui avait terminé en 1’44 »15 lors de la finale du 200 m. Dimanche, il a couronné sa semaine en remportant le titre sur 400 m nage libre, affichant une stratégie audacieuse.
« J’ai essayé de partir un peu vite, de voir ce que ça pouvait donner, mais c’était bien parce que j’ai quand même gardé mes jambes sur les 100 derniers mètres, » a déclaré Marchand, visiblement satisfait de sa course. Avec un temps de 3’43 »14, il a amélioré son record personnel de plus d’une seconde et demi, se rapprochant du record du monde détenu par Lukas Martens, établi à 3’39 »96. Marchand a également montré sa supériorité en reprenant une seconde et demie à ses concurrents sur le 100 m papillon lors du relais 4 x 100 m 4 nages, posant ainsi la question de ses limites.
Maxime Grousset, le deuxième pilier de la natation française, a connu une semaine riche en émotions, marquée par un faux départ sur le relais mixte 4×100 m, qui n’a cependant pas entaché son bilan. « Bilan parfait, j’ai toutes les couleurs [de médailles], » a-t-il déclaré avec enthousiasme. Avec des médailles d’argent sur 50 et 100 m papillon, Grousset a su s’imposer malgré une forme physique perfectible. Son entraîneur, Michel Chrétien, a souligné que ses performances posent des bases solides pour l’avenir, notamment en vue des Jeux Olympiques.
Mary-Ambre Moluh a également marqué les esprits en remportant l’or sur 100 m dos, dominant la finale de bout en bout et établissant un nouveau record d’Europe. À seulement 20 ans, elle se positionne comme une future star de la natation française. « J’ai jamais été vraiment un peu attendue. Ça m’a stressée, » a-t-elle avoué, tout en se projetant vers les JO. Le directeur technique national, Denis Auguin, a exprimé sa satisfaction quant à sa contribution à l’équipe.
Cependant, la natation française doit faire face à des défis dans d’autres disciplines. Au milieu de ce cycle olympique, Auguin a reconnu que la France ne pourra pas combler ses lacunes en brasse et en demi-fond. La récente annonce de la retraite d’Anastasiia Kirpichnikova, médaillée d’argent aux JO 2024, après avoir perdu sa motivation pour l’entraînement, souligne cette réalité difficile. « Si j’avais encore un tout petit peu d’envie en moi, je n’aurais pas arrêté. Mais là non, c’est fini, » a-t-elle déclaré, laissant un vide à combler dans le paysage de la natation française.
