
Carcassonne : Agent du RN exclu pour propos racistes, vidéo polémique des policiers municipaux.
Une vidéo compromettante enregistrée par une caméra-piéton révèle des comportements inacceptables de la part de policiers municipaux à Carcassonne, mettant ainsi la municipalité et le Rassemblement national sous le feu des critiques. Les images, diffusées par le quotidien Midi Libre, montrent des agents en patrouille proférant des insultes racistes et des commentaires inappropriés sur la guerre d’Algérie, ainsi que des théories du complot.
La situation a éclaté mardi soir, suite à la publication de ces extraits vidéo datant de novembre 2025. Le parquet a rapidement annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur ces faits. La mairie de Carcassonne, dirigée depuis mars 2026 par Christophe Barthès du Rassemblement national, a exprimé son indignation face à ces propos jugés inacceptables, tout en précisant que les images avaient été enregistrées sous l’administration précédente. L’agent principal impliqué a été temporairement placé en arrêt maladie après la fuite de la vidéo, avant de reprendre son service en mars.
Le policier central dans cette affaire est un militant du Rassemblement national, désigné comme chef par ses collègues. En février 2026, il avait été actif lors d’un service d’ordre pour protéger Jordan Bardella lors d’un événement local. Dans la vidéo, il se livre à des commentaires dégradants, qualifiant des automobilistes de « bougnes » et se moquant d’un enfant migrant en l’appelant « petit Kirikou ». Il exprime également des propos racistes en évoquant la guerre d’Algérie et fait référence à des théories complotistes, y compris une visant Brigitte Macron. Un de ses collègues, présent dans la vidéo, appelle à un retour à une dictature.
Face à cette situation embarrassante, la direction du Rassemblement national a réagi rapidement pour atténuer les répercussions politiques. Elle a condamné fermement les propos de l’agent, les qualifiant de pénalement répréhensibles, et a annoncé son exclusion immédiate du parti ainsi que de son service d’ordre. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, a qualifié ces agents d’« irresponsables dangereux » tout en minimisant l’incident en le qualifiant de « cas isolé ».
Les révélations ont provoqué une onde de choc au sein de la classe politique. Laurent Nuñez a ordonné un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’inspection générale de l’administration (IGA), dénonçant des propos « indignes de l’uniforme de la police municipale ». Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité, a qualifié ces déclarations d’« absolument inacceptables », regrettant une libération de la parole raciste. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a dénoncé une « haine désinhibée » tandis que Manuel Bompard, de La France insoumise, a affirmé que rien n’avait changé au sein du Rassemblement national. Enfin, Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, a exprimé son dégoût face à ces propos et a exigé des sanctions sévères.
