Canicule : Peut-on travailler en claquettes, short et marcel ?
Cet article, publié en juin 2025, a été réactualisé à l’occasion de la vague de chaleur précoce qui sévit actuellement dans l’Hexagone. Dans le Code du travail, les seules dispositions en matière de tenues concernent les « équipements de protection individuelle » (EPI).

EDIT : Cet article, publié en juin 2025, a été mis à jour en raison de la vague de chaleur précoce qui touche actuellement la France.
Bien que l’idée d’aller au travail en tenue d’Adam ou d’Eve puisse sembler séduisante, il est courant de vouloir s’habiller de manière légère pour mieux supporter la canicule. Shorts, bermudas, tongs, ou même nuisettes… Cependant, si le cadre légal reste relativement permissif en matière de tenue vestimentaire, certaines limites demeurent, comme l’explique l’avocat spécialisé en droit du travail, Eric Rocheblave.
Le Code du travail stipule que les seules règles relatives aux vêtements concernent les « équipements de protection individuelle » (EPI). « On ne plaisante pas avec ça, le casque qui donne trop chaud, les gants ou les chaussures de sécurité […], il n’y a pas d’exception », souligne l’avocat. Cela reste vrai même lorsque ces équipements sont inconfortables par temps chaud. Toutefois, l’employeur peut adopter des mesures comme l’aménagement des horaires, des pauses ou des rotations dans de telles situations.
« On ne va pas se mettre torse nu »
« Il y a un peu de souplesse, on ne va pas se mettre torse nu, mais le short est toléré », indique un peintre du BTP. Pour « Small », 55 ans et cordiste, un pantacourt « un peu large » est nécessaire pour protéger ses genoux au travail. De son côté, Pascal, balayeur pour la Mairie de Paris, souhaiterait « avoir les mollets à l’air », tout en reconnaissant que l’interdiction du short est « compréhensible quand on est à l’arrière de la benne ».
En dehors de ces cas particuliers, le bon sens et la jurisprudence prévalent. Le célèbre « Eric de la compta », qui « ne voit personne et est dans un bureau fermé toute la journée », peut arborer sa « chemisette à fleurs et son bermuda », précise Me Rocheblave. Néanmoins, dans certaines circonstances, l’employeur peut imposer une tenue, surtout pour les salariés en contact avec la clientèle, « pour des besoins professionnels » ou pour l’image de l’entreprise.
Cependant, des conflits surviennent parfois, et de nombreuses affaires sont portées devant la justice. Le « dress code » doit être adapté aux conditions climatiques, et en cas de litige, « le juge va apprécier la nature de la tâche à accomplir », continue l’avocat. Cependant, c’est « au cas par cas » que le juge décidera, notamment en fonction de la gêne occasionnée par des vêtements tels qu’un décolleté ou un bermuda qui pourraient « révéler un tatouage particulier qui peut heurter ».
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En dehors des règles rigides et des recours judiciaires, certains n’hésitent pas à revêtir des habits plus formels. Par exemple, Yusuf, cuisinier, a opté pour un pantalon à la place de son short avant de débuter son service « par respect pour les clients ». De même, Pierre-Loup, 22 ans, n’imaginait pas se présenter autrement qu’en costume impeccable pour son entretien en tant que « conseiller dans le luxe ». « Je ne me serai jamais mis en short, mes clients non plus », affirme également François, 73 ans, ancien commercial à la retraite.

