
Canicule : Les enseignants ont-ils le droit de s’absenter ?
Environ 3.500 établissements scolaires ont gardé portes closes ce jeudi dans les départements classés en vigilance rouge, et 10.000 fonctionnent avec des horaires aménagés. Des autorisations spéciales d’absence seront délivrées aux personnels vulnérables sur avis des inspecteurs de l’Éducation nationale, à partir de déclarations sur l’honneur de l’agent et non nécessairement un certificat médical.
Des « vacances » dans la chaleur accablante. Alors que la canicule persiste en France, de nombreux élèves sont restés chez eux depuis le début de la semaine. Ce n’est pas un choix, mais parce que leur école est fermée en raison de la chaleur excessive. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale, environ 3.500 établissements scolaires étaient fermés ce jeudi dans les départements placés en vigilance rouge, tandis que 10.000 autres appliquaient des horaires modifiés.
Les parents ont la possibilité de garder leur enfant à la maison s’ils le souhaitent et si cela leur est possible. « À titre exceptionnel, il faut évidemment faire preuve d’une bienveillance particulière envers les parents qui décidraient de garder leurs enfants à la maison », a rappelé le ministre de l’Éducation nationale lundi.
« Une forme de souplesse accordée »
Mais qu’en est-il des enseignants, qui trouvent également difficile de travailler dans des classes surchauffées ? Dans certaines académies, des enseignants sont absents cette semaine même si leur établissement est ouvert. Ils peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence rémunérée qu’ils peuvent demander à leur hiérarchie. C’est le cas en Haute-Vienne, où le directeur académique des services de l’Éducation nationale a approuvé plusieurs demandes.
« Compte tenu de la situation de crise que l’on traverse, il y a une forme de souplesse qui est accordée », confirme Fabrice Prémaud, membre du syndicat enseignant SNUIPP-FSU dans le département. Par exemple, si un enseignant constate que de nombreux élèves sont absents. De même, pour un accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH) si les élèves notifiés sont absents. Les enseignants, étant parents, peuvent aussi se retrouver face à la fermeture de l’école de leur enfant, ce qui rend impossible le fait de donner cours s’ils ne peuvent pas le faire garder. « Ils utilisent pour cela les dix demi-journées d’absence pour enfant malade dont ils disposent », précise le syndicaliste.
La protection des agents vulnérables
Dans cette période éprouvante, la situation des enseignants dont la santé est fragile ou qui sont âgés est particulièrement surveillée. « Des autorisations spéciales d’absence seront accordées aux personnels vulnérables sur avis des inspecteurs de l’Éducation nationale, sur la base de déclarations sur l’honneur de l’agent et non nécessairement d’un certificat médical, afin de ne pas surcharger le système de santé durant cette période », écrivait au début de la semaine Laurent Noé, directeur de l’académie de Paris, dans un message adressé aux directeurs et directrices d’écoles.
Contacté, le ministère de l’Éducation nationale précise que pendant ces fortes chaleurs, des aménagements des conditions de travail sont d’abord proposés aux agents vulnérables identifiés par les services de médecine du travail. « Ce n’est que lorsque ces aménagements ne garantissent pas des conditions de travail compatibles avec l’état de santé de l’agent que les autorisations spéciales d’absence peuvent être accordées, de manière ponctuelle et limitée. »
