Canicule : Cours en distanciel dans les collèges et lycées en cas de fortes chaleurs ?
Deux lycées de Rezé, dans la banlieue de Nantes (Loire-Atlantique), vont renvoyer leurs élèves chez eux ces jeudi et vendredi après-midi pour des cours en distanciel « pour des raisons de sécurité des personnes », selon le proviseur. Jeoffrey-Gaylord Remaud, co-secrétaire du Snes-FSU dans l’académie de Nantes, souligne que « le distanciel n’est déjà pas adapté pour des collégiens » et indique que les élèves en collège ne sont pas forcément préparés à cela.
Ils vont passer deux après-midis à suivre des cours à distance, rappelant une époque récente marquée par le Covid. Cependant, ce ne sont pas des restrictions dues à un virus qui les obligent à rester chez eux, mais une canicule. Depuis le week-end dernier, la France souffre de températures élevées, particulièrement dans l’ouest. Deux lycées de Rezé, près de Nantes (Loire-Atlantique), ont décidé de renvoyer leurs élèves chez eux les jeudi et vendredi après-midi. Après une matinée de cours en présentiel, les lycéens de ces établissements suivront leurs enseignements à distance « pour des raisons de sécurité des personnes », a déclaré le proviseur.
Il est difficile d’enseigner ou d’apprendre lorsque les salles de classe ressemblent à des fournaises, avec des températures atteignant les 30 °C dès 8 heures du matin. « Imaginez ce que cela donne en pleine journée avec 30 élèves entassés dans une salle non climatisée et dont la ventilation est insuffisante », souligne Jeoffrey-Gaylord Remaud, co-secrétaire du Snes-FSU dans l’académie de Nantes.
Certains établissements ont choisi de fermer l’après-midi, mais la question se pose de savoir si ces cours à distance peuvent constituer une réponse temporaire en cas de forte chaleur, et s’ils pourraient être étendus à tous les collèges et lycées. « C’est une fausse bonne idée et clairement pas une solution », réagit Jeoffrey-Gaylord Remaud. Selon lui, le distanciel n’est pas adapté aux collégiens. « Cela nécessite de l’autonomie et les élèves en collège ne sont pas forcément préparés à ça », estime-t-il.
« Cela pourrait fonctionner si les parents sont présents, comme pendant le Covid », ajoute Jean Lili, administrateur à la FCPE du Nord. Cependant, il prévient que laisser les collégiens seuls chez eux pourrait poser problème, car certains pourraient prétendre ne pas pouvoir se connecter pour jouer à des jeux vidéo.
Pour les élèves de première ou de terminale, la question est différente. « Ils sont plus capables de s’organiser seuls et se concentrent davantage sur leurs révisions pour les examens », note Jean Lili. Cependant, de nombreux obstacles subsistent. « Dans les Pays de la Loire, les lycéens bénéficient d’ordinateurs portables gratuits, mais ce n’est pas universel, ce qui crée un problème d’équipement », révèle Jeoffrey-Gaylord Remaud. Il ajoute que travailler sur un smartphone n’est ni sensé ni productif.
Jean Lili souligne également cette « fracture numérique » qui « accentue les inégalités » entre les élèves. « Au-delà de l’ordinateur, tout le monde n’a pas accès à la fibre optique », prévient-il. Il rappelle que pendant le Covid, le réseau était souvent saturé lorsque tous se connectaient en même temps.
Si les salles de classe sont trop chaudes, il n’est pas certain que les élèves soient mieux chez eux. « Il fait même peut-être plus chaud dans leurs appartements ou leurs maisons que dans les classes », avertit-il. « Certains pourraient trouver un cadre plus confortable, mais pas tous, ce qui accentuera encore les écarts », admet Jeoffrey-Gaylord Remaud, peu enthousiaste à l’idée de cours à distance.
« La meilleure solution serait d’améliorer le confort thermique des bâtiments scolaires », affirme-t-il. Jean Lili partage cet avis. « Nous avons trop chaud en été et trop froid en hiver en raison de locaux vétustes », témoigne-t-il. Il déplore qu’aucune avancée ne soit faite sur ce point, comme sur tant d’autres dans l’Éducation nationale.

