
Canicule : 5.764 morts excédentaires en juin, surmortalité « inédite » pour tous les âges
Des données jamais observées depuis la canicule de 2003. Alors que l’été est encore loin d’être terminé, l’épisode de chaleurs extrêmes qui a touché la France du 17 juin au 2 juillet a entraîné une surmortalité avec 5.764 décès excédentaires enregistrés, dont la moitié en seulement trois jours, annonce ce mercredi Santé publique France.
Ce bond de la mortalité « toutes causes », qu’on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur, a été constaté pour « toutes les classes d’âge à partir de 15 ans », avec une « augmentation marquée dès 45 ans », ce que l’agence sanitaire nationale juge « inédit ».
Les 45-64 ans très fragiles. Cette période de canicule, d’une « précocité » et une « durée inédites », plus intense que celle d’août 2003 qui avait traumatisé le pays en causant 15.000 morts, a affecté presque toute la population hexagonale (98,5 %) dans 92 départements, à une « période encore importante d’activités scolaires et professionnelles », selon SpF.
Avec au moins 3.719 morts en excès, les deux tiers de cette surmortalité concernent des personnes âgées de 75 ans et plus, qui payent toujours le plus lourd tribut en raison de leur vulnérabilité et de leur santé souvent plus dégradée.
L’évènement s’est avéré aussi très meurtrier pour la tranche des 45-64 ans, avec 979 décès en excès, soit un bond de 55 % par rapport à la mortalité attendue à cette période de l’année, hors évènements exceptionnels.
Près de 2.000 décès juste en Île-de-France. Ces chiffres sont à ce stade « non consolidés » dans l’attente d’un bilan définitif à l’automne, mais confirment le fort impact sanitaire de cet évènement climatique, très intense sur tout le territoire, excepté en Corse, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, un peu moins exposées, souligne SpF.
Lors de ces 16 jours, l’Île-de-France a été particulièrement touchée, puisque la mortalité a doublé par rapport à son niveau normal, avec 1.999 décès.
