France

Assassinat de Federico Aramburú : les derniers instants racontés par son meilleur ami

À la cour d’assises de Paris, le meilleur ami de Federico Aramburú a livré un récit direct des minutes qui ont précédé et suivi la mort de l’ancien international argentin. Son témoignage éclaire une soirée qui a basculé d’une sortie festive à une fusillade mortelle, au cœur d’un procès où deux hommes sont jugés pour assassinat et tentative d’assassinat.

Une soirée qui commence dans l’euphorie

Le 18 mars 2022, Federico Aramburú et Shaun Hegarty sont à Paris pour accompagner un groupe à la finale du Tournoi des VI Nations prévue le lendemain. Les deux anciens rugbymen ont aussi un projet professionnel commun : une agence de voyages liée au rugby, fragilisée par la crise sanitaire, venait de décrocher un partenariat autour de la Coupe du monde. Selon Shaun Hegarty, la soirée a d’abord été marquée par des verres partagés, des chants et une ambiance légère dans plusieurs bars de la capitale.

Vers 5 heures du matin, ils s’arrêtent au Mabillon, sur le boulevard Saint-Germain. C’est là que la tension monte avec une autre table où se trouvent Loïk Le Priol, sa compagne et Romain Bouvier. D’après le témoin, les échanges deviennent rapidement hostiles. Il dit être intervenu lorsqu’un homme était pris à partie, en demandant d’arrêter la dispute. Les images de vidéosurveillance, selon le récit rapporté à l’audience, corroborent au moins une partie de cette séquence.

De la bagarre aux tirs

Le témoignage décrit ensuite une altercation brève mais violente. Federico Aramburú aurait saisi la capuche de Loïk Le Priol, le faisant tomber, ce qui déclenche une bagarre de quelques secondes. Les vigiles séparent les protagonistes et, selon Shaun Hegarty, le groupe pense alors que l’incident est terminé.

La suite se déroule en quelques instants. Après une halte dans un hôtel pour demander de la glace, Shaun Hegarty dit avoir vu une jeep militaire s’arrêter près d’eux. Il entend des mots qu’il ne comprend pas immédiatement, puis voit Romain Bouvier descendre du véhicule, parler à Aramburú et tirer. Le témoin affirme ne pas avoir saisi tout de suite la gravité de la scène, parlant d’un état de sidération et de dissociation. Il dit ensuite avoir vu Loïk Le Priol arriver à son tour et tirer également.

Selon le récit entendu à l’audience, dix coups de feu ont été tirés en quarante-cinq secondes, dont six ont atteint Federico Aramburú. Les deux accusés ont quitté les lieux après les tirs.

Un témoignage central pour la défense et l’accusation

Le récit de Shaun Hegarty pèse lourd dans ce procès, car il contredit la thèse de la légitime défense avancée par les accusés depuis l’instruction. Le témoin affirme que les deux hommes les attendaient et que la voiture s’est arrêtée à leur niveau. Il rapporte aussi les derniers mots de son ami, qui lui aurait demandé d’appeler la police en disant qu’il allait mourir.

Pour la cour, ce témoignage apporte un enchaînement précis des faits, depuis la dispute initiale jusqu’à la mort de l’ancien joueur. Il met aussi en lumière plusieurs éléments encore discutés : l’intention des accusés, la nature de leur déplacement cette nuit-là et la portée réelle de la première altercation.

Ce qu’il faut retenir

  • Shaun Hegarty a témoigné à la cour d’assises de Paris sur les derniers instants de Federico Aramburú, mort après une fusillade dans la nuit du 18 mars 2022.
  • Le témoin décrit une soirée commencée dans un cadre festif, puis une altercation au Mabillon avant l’arrivée d’une voiture d’où sont descendus Romain Bouvier et Loïk Le Priol.
  • Selon son récit, dix coups de feu ont été tirés en quarante-cinq secondes, six ayant touché Aramburú, tandis que la défense continue d’invoquer la légitime défense.

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Cette synthèse a été produite automatiquement à partir de la source citée.