Artemis 3 : Équipage, programme, avancement… La mission lunaire ne ira pas sur la Lune
La NASA a annoncé mardi soir le nom des quatre astronautes de la mission Artemis 3, prévue pour 2027, qui restera en orbite terrestre. L’équipage comprendra Randy Bresnik, Luca Parmitano, Frank Rubio et Andre Douglas, avec Bob Hines comme réserviste.
La NASA sait gérer son calendrier. Après avoir émerveillé le public début avril avec le voyage lunaire d’Artemis 2, l’agence spatiale américaine n’a pas tardé à raviver l’excitation en annonçant, mardi soir, le nom des quatre astronautes – cinq si l’on compte le réserviste – de la prochaine mission lunaire. Prévue pour 2027, cette mission ne survolera pas la Lune, mais restera en orbite terrestre pour tester les systèmes et le rendez-vous avec les atterrisseurs privés.
Nous faisons le point sur cette mission essentielle avant le retour des Américains sur la Lune, programmé pour 2028 avec Artemis 4.
Les astronautes
L’équipage qui s’élancera à bord de la fusée SLS a été présenté mardi lors d’une conférence de presse depuis le centre de la NASA à Houston, au Texas. Le commandant de mission sera Randy Bresnik, astronaute depuis 2004. Il a déjà effectué deux vols dans la Station Spatiale Internationale (ISS), en 2009 et 2017. Fait marquant, un Italien – le premier Européen à participer à une mission lunaire – sera également de la partie. Luca Parmitano, un astronaute chevronné de la même promotion que Thomas Pesquet et qui réalisera son troisième vol spatial, a été désigné comme pilote.

Côté spécialistes de mission, la NASA a choisi Frank Rubio et Andre Douglas. Frank Rubio a établi un record en passant 371 jours en orbite dans l’ISS lors de sa seule mission, en 2022-2023. Andre Douglas sera le « novice » de l’équipage, sélectionné par l’agence spatiale américaine en 2021, et Artemis 3 sera son premier vol.
Un autre astronaute a été désigné comme membre d’équipage de réserve, prêt à décoller si l’un de ses collègues ne peut pas assurer sa mission. Il s’agit de l’Américain Bob Hines, qui s’entraînera avec le reste de l’équipage tout au long de leur préparation.
Une mission en orbite terrestre
Contrairement à Artemis 2, Artemis 3 restera en orbite terrestre basse. Elle promet d’être spectaculaire : son déroulement nécessitera le lancement de trois fusées dans un délai très court. Le premier engin à décoller sera l’alunisseur de Blue Origin, l’un des deux prestataires sélectionnés par la NASA, avec SpaceX, pour fournir ce véhicule essentiel aux futures missions lunaires. Capable de rester en orbite plusieurs semaines, il attendra les astronautes qui l’atteindront grâce à la SLS et à la capsule Orion.
Lors de cette mission, l’équipage effectuera un rendez-vous avec l’alunisseur et s’y amarrera pour environ deux jours. Au cours de cette période, de nombreux tests et démonstrations seront réalisés, et l’équipage pénètrera dans l’atterrisseur. Une fois cette étape achevée, la capsule Orion se détachera de l’engin de Blue Origin en attendant le Starship de SpaceX. Celui-ci, une fois lancé, viendra à la rencontre des astronautes, qui passeront un jour amarrés au second alunisseur.
L’équipage quittera ensuite le Starship pour retourner sur Terre, avec un amerrissage prévu dans l’océan Pacifique. La NASA a indiqué que la mission devrait durer environ deux semaines, un calendrier qui sera ajusté en temps réel en fonction des lancements, des procédures de rendez-vous entre les différents engins spatiaux et des opérations lors de leurs amarrages.
Une mission remaniée
Bien que cette mission semble prometteuse, l’orbite terrestre n’était pas son objectif initial. Jusqu’au début de l’année, Artemis 3 était conçue comme la mission emblématique d’Apollo 11 : celle qui devait marquer le retour des Américains sur la surface lunaire pour la première fois depuis 1972. Cependant, tout a changé le 27 février, lorsque la NASA a annoncé l’ajout d’une mission supplémentaire avant l’alunissage très attendu, reportant celui-ci à Artemis 4 en 2028.
Pour justifier ce changement de cap, l’agence spatiale américaine évoque la nécessité de préparer le terrain pour des lancements plus fréquents et de réduire les risques. Après avoir rencontré des problèmes techniques avec la fusée SLS qui avaient entraîné le report du lancement d’Artemis 2, l’agence souhaite s’assurer que tout fonctionne correctement et qu’un maximum de systèmes soient testés avant le grand départ, se rapprochant ainsi de la méthode du programme Apollo.
Où en est-on aujourd’hui ?
Alors que la NASA a annoncé que l’équipage allait « immédiatement commencer à s’entraîner sur les systèmes du vaisseau Orion », les équipes de l’agence spatiale travaillent également pour garantir que la mission soit prête dans les délais. Concernant la capsule, le module de service européen et celui de l’équipage seront connectés cet été, et le système d’amarrage intégré peu après. La fusée SLS est en cours d’assemblage, et les moteurs devraient être intégrés dans les mois à venir.
Une grande inconnue demeure du côté des prestataires, qui accusent des retards significatifs. SpaceX avance dans le développement de sa mégafusée Starship, mais ses délais et des échecs passés rendent incertain le respect des délais de la NASA. Quant à Blue Origin, l’explosion de sa fusée New Glenn fin mai, la seule capable de lancer son alunisseur, a endommagé le pas de tir, compromettant les lancements. Cela pourrait également perturber le calendrier serré de la NASA…

