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Ariana Grande : « Une grosse responsabilité à avancer des hypothèses » sur le poids des femmes

Le féminisme est à nouveau confronté à des débats houleux, notamment à la suite de la sortie du clip « Petal » d’Ariana Grande, tiré de son dernier album. La chanteuse, icône de la pop, se retrouve au cœur d’une tempête médiatique, accusée de promouvoir une image de la maigreur devant des millions de ses admirateurs.

Face à cette controverse, Ariana Grande a décidé de se retirer de la scène publique à l’issue de sa tournée, une décision qui semble justifiée au regard des commentaires incessants sur son apparence. Les médias et le public, sous couvert d’inquiétude pour sa santé, ont largement débattu de son corps, ignorant un principe fondamental : le corps des femmes ne devrait pas être un sujet de discussion.

Sur les réseaux sociaux, l’actrice Jameela Jamil a évoqué ce qui pourrait être perçu comme un « dilemme ». Elle a souligné que commenter l’apparence physique d’Ariana pourrait nuire à sa santé mentale, tandis que l’absence de commentaires risquerait de normaliser une image potentiellement problématique pour des millions de jeunes filles. Laure Salmona, présidente de l’association Féministes contre le cyberharcèlement, abonde dans ce sens en affirmant qu’une figure publique a une responsabilité vis-à-vis de l’image qu’elle projette. Cependant, elle met en garde contre le double standard qui existe, notant que les changements physiques des hommes ne suscitent pas le même niveau de scrutiny.

Les fans d’Ariana expriment majoritairement leur « inquiétude » quant à sa santé, mais cette préoccupation repose sur des spéculations. La chanteuse n’a jamais confirmé de problèmes de santé ou de troubles alimentaires. Salmona insiste sur la nécessité de ne pas avancer d’hypothèses sans fondement, rappelant que les femmes ne doivent de comptes à personne concernant leur corps.

Dans une époque où l’on prétend que les femmes sont libérées des normes de beauté, cette « inquiétude » pourrait-elle servir d’excuse pour commenter leur poids ? Selon Salmona, cette surmédiatisation de l’apparence d’Ariana s’apparente à du cyberharcèlement, utilisant une façade de préoccupation pour justifier des critiques.

Elle souligne également qu’il existe une distinction entre s’inquiéter et rendre cette inquiétude publique. Ariana Grande a clairement exprimé son désir de ne pas discuter de son apparence physique et a demandé que les commentaires cessent. Il est crucial de respecter son consentement, car, en 2026, la perception selon laquelle les femmes n’existent qu’à travers leur apparence persiste, les réduisant à des objets de commentaire.

Alors qu’Ariana est pointée du doigt pour son corps jugé « squelettique », il est essentiel de rappeler qu’elle n’est pas à l’origine de cette polémique. Elle évolue dans un environnement patriarcal, ce qui est d’ailleurs le thème central de son dernier clip, où son personnage s’attaque à des hommes insatisfaits avec une tronçonneuse.