France

Aide à l’Ukraine : Le RN modère ses positions après critiques sur financements

Le député Laurent Jacobelli, représentant du Rassemblement national, a affirmé samedi que toute aide financière à l’Ukraine, dans l’hypothèse où son parti accéderait au pouvoir, ne saurait se faire « au prix de la vie financière de la France ». Cette déclaration a engendré une vague de critiques, notamment de la part de Marine Tondelier, qui a qualifié le RN de « cheval de Troie » pour la Russie.

Jacobelli a souligné, lors d’une intervention sur Franceinfo, que « dans un contexte où les Français sont appelés à des sacrifices concernant leurs retraites et leurs soins, et alors que la France frôle la faillite, il est inacceptable de mettre en péril l’avenir du pays ». Il a réitéré que son soutien à l’Ukraine ne se ferait pas au détriment de la santé financière de la France.

La clarification de la position du RN sur l’Ukraine est devenue nécessaire ces derniers jours, suite aux propos de Louis Aliot, vice-président du parti, qui a suggéré qu’il serait peut-être temps de « couper le robinet » des financements destinés à l’Ukraine si le RN accédait au pouvoir. Jacobelli a précisé que toute aide financière devrait être fondée sur une « démarche pragmatique », évitant ainsi de faire peser le poids de la dette et des impôts sur les Français. En ce qui concerne l’aide matérielle, il a assuré que le « soutien militaire défensif » ainsi que l’aide « humanitaire » et « de formation » seraient maintenus.

Il a également précisé que toute livraison d’équipement à l’Ukraine ne serait envisagée que si elle n’entrave pas le réarmement de la France. « Si cela met en danger nos stocks et notre propre défense, évidemment non. Notre devoir est de protéger la France », a-t-il déclaré.

Les critiques se sont intensifiées, notamment de la part de Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle, qui a affirmé que « le Rassemblement national montre son vrai visage ». Selon elle, une éventuelle victoire de Poutine en Ukraine ne serait pas un problème pour le RN, mais plutôt un objectif. Elle a ajouté que « ceux qui souhaitent nuire à la France et à l’Europe soutiennent Marine Le Pen à l’international, ce qui rend sa position sur l’Ukraine peu surprenante ».

De son côté, Gabriel Attal, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, a également dénoncé à Lille ce qu’il considère comme « la soumission et l’impréparation » du RN. Il a accusé le parti de vouloir « abandonner l’Ukraine au profit de la Russie » et a qualifié de « sidérante » la décision de Jordan Bardella de s’engager à accueillir tous les migrants se dirigeant vers la Grande-Bretagne.