Affaire Lyhanna : « On n’est jamais trop parano »… Pas de soirées pyjama pour leurs enfants
Emma a 4 ans et ses parents ont rapidement posé des limites concernant les soirées pyjama, jugeant qu’il est « beaucoup trop tôt pour laisser son enfant chez des inconnus ». Charlotte, mère de deux petites filles, a déjà abordé le sujet sur ses réseaux sociaux et refuse que ses enfants dorment chez des camarades ou passent un après-midi chez les parents d’un autre enfant en raison de son hypervigilance.

« Maman, est-ce que je peux rester chez ma copine ? » à 4 ans, la petite Emma* se trouve déjà très sollicitée : soirées pyjama, goûters d’anniversaire… Ses parents ne s’attendaient pas à un emploi du temps si chargé si tôt, mais ils ont rapidement dû poser des limites. « Sans ma présence, c’est non », affirme Charlotte.
« Quatre ans, c’est beaucoup trop tôt pour laisser son enfant chez des inconnus », soutient cette mère de 34 ans originaire de Cannes. La jeune femme, qui tient un compte Instagram consacré à la parentalité, a déjà discuté de ce sujet sur ses réseaux. La récente disparition de Lyhanna, 11 ans, pour laquelle le père d’une amie de la victime est suspecté de meurtre, l’a conduite à rester ferme sur ses positions. « Ça m’a mise en colère, déclare Charlotte en parlant du meurtre de l’adolescente, c’est précisément à cause de ces faits divers que je refuse que mes enfants dorment chez des camarades ou passent un après-midi chez les parents d’un autre enfant. »
« L’actualité a aggravé mon hypervigilance »
Mère de deux petites filles de 4 et 2 ans et demi, la sudiste a eu recours à la PMA (procréation médicalement assistée). Ce parcours, selon elle, renforce son instinct de protection, « j’ai mis du temps à tomber enceinte, et cela n’aide pas. Mais l’actualité a aggravé mon hypervigilance ».
Elle n’est pas la seule à imposer des restrictions. Sandra*, mère de quatre enfants dans le nord de la France, a toujours appliqué la même règle. « Mes deux derniers ont 6 et 14 ans, et ils n’ont jamais dormi chez un copain, c’était également le cas pour mes deux aînés », aujourd’hui jeunes adultes.
Ses enfants le savent, les soirées pyjama sont réservées au cercle familial : « Aller chez un copain se limite à un après-midi, parfois à une soirée quand ils sont adolescents », précise la quarantenaire. Cela se fait sous certaines conditions : rencontrer et connaître les autres adultes. « Dormir chez quelqu’un ou se mettre en pyjama relève de l’intimité ; le soir, les enfants sont plus fatigués et donc plus vulnérables aux différentes formes de violences », argue-t-elle.
Gérer la frustration
Celles qui ont déjà refusé des « boums », des « soirées entre filles » ou même certaines « sorties scolaires » font régulièrement face à des avis divergents. « On m’a déjà dit que j’allais gâcher la jeunesse de mes enfants », confie Sandra, mais je préfère gérer une frustration plutôt qu’un drame. » Avec le temps, la Nordiste a appris à ignorer les critiques, elle priorise la « sécurité » et estime que les parents « doivent se faire confiance, on n’est jamais trop parano vis-à-vis de ses enfants. »
Un « juste milieu difficile » à trouver pour Charlotte, qui rapporte ne pas encore avoir été confrontée aux réticences d’Emma. « Peut-être que ça posera problème dans le futur et qu’avec le temps, je la laisserai dormir chez une amie », envisage la mère cannoise. Ce sujet semble particulièrement touché la jeune femme, « je ne veux pas que ma fille ressente un jour une forme d’injustice car elle est la seule à ne pas se rendre à un anniversaire, et je n’ai pas envie de passer pour la maman qui dit non à tout, mais dans ce cas, il faut être très prudent sur la notion d’intimité avec ses enfants. »
Aborder le sujet des violences sexuelles
Emma est déjà informée. « Nous avons eu des discussions au sujet des violences sexuelles, elle sait qu’elle doit s’essuyer toute seule et que les adultes n’ont pas le droit de regarder ou de toucher ses parties intimes », explique sa mère, qui espère ne pas « lui transmettre [s]es craintes ».
Pour Sandra, cette interdiction n’implique pas nécessairement des détails. « Il y a un âge pour tout ; quand les enfants sont petits, je considère que je n’ai pas besoin de les alarmer inutilement sur les agressions sexuelles », confie la mère. « Vers 12 ou 13 ans, je pense qu’on peut commencer à aborder le sujet, leur expliquer simplement que l’on préfère qu’ils restent à la maison car ils y sont plus en sécurité. »
Pour permettre à leurs enfants de profiter des amis tout en limitant les risques, les deux mères ont trouvé leurs solutions. « Si ma fille veut inviter des amis à dormir à la maison, c’est d’accord, mais je veille à les recevoir dans les meilleures conditions possibles et à discuter avec les autres adultes », indique Charlotte, qui s’est d’ailleurs étonnée de voir des parents expulser leur progéniture sans se poser de questions. Lors du dernier anniversaire de son fils, Sandra a également proposé aux parents de participer aux festivités, ce qui a conduit à ce que « toutes les mamans restent, et c’était très bien comme ça ».
*Les prénoms ont été modifiés.

