Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin étudie 70.000 plaintes avant le 14 juillet
Gérald Darmanin a annoncé dimanche qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70.000 dossiers, d’ici au 14 juillet. Il a précisé que des sanctions sont « possibles » et « prévues par la Constitution », et qu’il avait « le droit de proposer des sanctions » contre les magistrats du parquet.
Gérald Darmanin durcit le ton. Le ministre de la Justice a annoncé dimanche qu’il demanderait aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d’ici au 14 juillet, suite à l’affaire Lyhanna. « Je ne partirai pas en vacances » et « il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu’il n’aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour dresser un bilan, a-t-il déclaré sur LCI, réunissant lundi matin à la Chancellerie les procureurs généraux.
« Il y a eu des défaillances graves » dans l’affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte jeudi dans le Gers, a souligné Gérald Darmanin, citant les retours de ses procureurs généraux. Il a promis de rendre public le rapport d’inspection qui, « sous quinze jours, dira qui sont les responsables de ces défaillances ».
Sanctions « possibles »
Des sanctions sont « possibles » et « prévues par la Constitution », a-t-il averti, précisant qu’en tant que ministre, il avait « le droit de proposer des sanctions » contre les magistrats du parquet, pouvant aller jusqu’à la révocation. « Et si cela mérite la révocation, je proposerai la révocation », a affirmé le ministre. « Je pense, pour vous donner mon avis, que cette affaire a été traitée un peu comme n’importe quelle autre affaire. Et qu’on n’a pas compris, ni à la gendarmerie […] ni sans doute dans la magistrature concernée dans cette affaire précise, qu’il y a une urgence absolue lorsqu’il s’agit d’un viol sur enfant et qu’on devrait commencer par entendre la personne qui est accusée », a martelé le ministre sur LCI.
Le suspect du meurtre de Lyhanna avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols sur mineurs. Deux d’entre elles avaient été classées. La plainte au cœur de la polémique concerne une autre fillette pour laquelle il n’avait pas été entendu après plusieurs mois. « Manifestement », cette plainte « n’a pas été priorisée », a jugé le garde des Sceaux, qui a insisté sur sa demande aux parquets de prioriser les dossiers de violences faites aux femmes et aux enfants.

