
Yvan Verougstraete critique « tax the rich » du MR : « Niveau zéro d’argumentation »
La pression monte sur le gouvernement fédéral belge alors que la rentrée politique approche. Un conclave budgétaire est prévu pour fin septembre, visant à dégager dix milliards d’euros afin de réduire un déficit préoccupant. Les tensions au sein de la majorité se font déjà sentir, certains partis s’opposant à toute nouvelle taxation, tandis que d’autres jugent les économies déjà réalisées insuffisantes. La question se pose : le gouvernement de Bart De Wever est-il en danger ?
Yvan Verougstraete, président des Engagés, souligne l’importance de maintenir la stabilité du gouvernement dans cette période délicate. Lors d’une interview, il a affirmé : « Je pense que, avant tout, notre responsabilité c’est de veiller à faire en sorte que le gouvernement fédéral ne tombe pas parce que l’on est dans une situation compliquée. »
Il insiste sur la nécessité de réduire le déficit non pas par pur plaisir, mais en raison des responsabilités que cela implique pour les générations futures. « Si on ne fait rien, c’est bien 10 milliards d’intérêts en plus que l’on risque de devoir payer aux banques », avertit-il, ajoutant que la situation actuelle n’est pas le fruit d’événements récents.
Le déficit budgétaire belge, qui a atteint plus de 5 % du PIB en 2025 selon Eurostat, est l’un des plus élevés de la zone euro. Cela signifie que l’État dépense plus qu’il ne gagne, entraînant un besoin d’emprunt et, par conséquent, des intérêts à rembourser. Face à cela, deux camps se dessinent au sein de la coalition : ceux qui prônent des économies supplémentaires et ceux qui soutiennent une augmentation des taxes.
Verougstraete plaide pour une approche équilibrée. « Cela n’a pas de sens d’opposer ces deux équipes-là », déclare-t-il, tout en précisant que son parti est en faveur d’une réduction des dépenses de l’État, tout en reconnaissant la difficulté de cette tâche. Il appelle également à un engagement à diminuer ces dépenses sur le long terme.
Concernant l’augmentation des taxes, il précise que cela ne vise pas à accroître les dépenses, mais plutôt à résorber le déficit et à permettre une réforme fiscale plus équitable. « Pas pour le plaisir d’augmenter les taxes », souligne-t-il, mais pour garantir une taxation plus juste et efficace.
Cet été, Verougstraete a proposé une taxe sur le patrimoine des plus riches, excluant toutefois l’immobilier et ne s’appliquant qu’à partir de 500.000 euros de patrimoine financier. Cette idée a suscité des réactions mitigées, notamment de la part de certains membres du MR, qui ont critiqué cette initiative dans une vidéo humoristique.
Verougstraete a réagi à ces critiques en qualifiant cette approche de « niveau zéro de l’argumentation », affirmant qu’il est temps de dépasser ce type de débat et de se concentrer sur des solutions sérieuses pour l’avenir.
La question du climat a également été abordée, notamment à la suite des incendies survenus cet été. Verougstraete a souligné que la gestion des crises climatiques nécessite une meilleure organisation et une mobilisation efficace des ressources disponibles. Il a averti que ne pas agir sur le climat pourrait entraîner des coûts astronomiques pour les générations futures, affirmant que « les climatosceptiques, c’est la rage taxatoire ».
En conclusion, il a insisté sur le fait que le coût de l’inaction face au changement climatique serait bien plus élevé que tout ce que l’on pourrait imaginer, et que des décisions doivent être prises pour éviter des conséquences catastrophiques.
