
Violences liées à la drogue : les partis bruxellois se blâment mutuellement
Le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), a récemment critiqué ce qu’il appelle l’ « instrumentalisation politique » par les libéraux à Bruxelles, en réaction à une série de coups de feu survenus dans la capitale cette semaine.
Sur les réseaux sociaux, le mouvement des jeunes du MR a partagé une vidéo où Jean Spinette est présenté comme un « bourgmestre (qui) négocie avec les dealeurs pour qu’ils partent ». Dans un extrait du journal télévisé de 19h30, on peut voir Spinette s’approcher de jeunes manifestement impliqués dans le trafic de drogue, leur demandant de quitter les lieux en raison de la présence policière. Georges-Louis Bouchez, président du MR, a également diffusé cette vidéo, critiquant à la fois Spinette et le PS, qu’il qualifie de « fossoyeur de Bruxelles ».
Les socialistes, de leur côté, dénoncent le manque de ressources et d’actions du gouvernement fédéral, où le MR est responsable du portefeuille de l’Intérieur. Spinette a déclaré : « Ma vie et celle de mes concitoyens sont constamment en danger, mais je constate que les politiciens instrumentalisent la situation. Je vais chaque jour voir les dealeurs pour leur demander d’arrêter et ils s’en prennent à moi. L’accusation selon laquelle je serais passif est une honte. » Il a également souligné que de nombreuses personnalités politiques soutiennent cette publication sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, Victor Wiard, président des Engagés Bruxelles, a appelé à cesser les batailles de communication politiques, demandant une stratégie cohérente pour faire face à la situation, plutôt que des réactions éphémères.
L’opposition bruxelloise, représentée par la N-VA, a également réagi en demandant une réunion urgente de la commission des Affaires intérieures suite à la flambée de violence. Mathias Vanden Borre, parlementaire N-VA, a évoqué « des tirs trois jours d’affilée à Bruxelles », soulignant que plus de 60 incidents de ce type ont été enregistrés cette année, ce qui pourrait battre le record de l’année précédente. Il a critiqué le PS, en affirmant que toutes les communes touchées par la violence sont dirigées par des bourgmestres socialistes, les interrogeant sur leurs responsabilités en matière de sécurité.
Bernard Quintin, ministre de l’Intérieur et membre du MR, a également pointé du doigt l’héritage des gouvernements passés, en affirmant que le gouvernement fédéral déploie des moyens sans précédent pour reprendre le contrôle de la situation. Pendant ce temps, le chef de file du PS bruxellois, Ahmed Laaouej, a exhorté à des actions sérieuses contre la criminalité organisée.
Le PTB a, pour sa part, qualifié la situation d’ « intenable ». Françoise De Smedt, cheffe de groupe du PTB au Parlement bruxellois, a dénoncé le manque de moyens alloués à la police judiciaire, affirmant qu’il manque 83 enquêteurs et que les effectifs sur le terrain sont insuffisants. Elle a appelé le gouvernement fédéral à dégager des ressources pour lutter contre le trafic de drogues, tout en critiquant les coupes budgétaires du gouvernement régional dans la prévention.
De Smedt a également souligné que les communes, laissées à elles-mêmes, doivent prendre des mesures locales pour contrer l’influence des gangs, mais que ces efforts sont souvent insuffisants en raison du sous-financement. Elle a conclu en affirmant que les dotations fédérales ne suivent pas l’inflation, obligeant les communes à dépenser des millions pour répondre aux besoins croissants de leurs zones.
