Vigilance sur la facture d’électricité : ventilateur, climatiseur mobile et fixe
Francesco Contino, professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain, recommande de « placer des stores à l’extérieur » pour éviter que le soleil passe à travers les vitres. Pour une utilisation de 8 heures par jour pendant trois mois d’été, un climatiseur mobile ajoutera environ 250 euros sur la facture d’électricité au prix moyen de 35 cents par kWh.
Avant d’évoquer l’utilisation d’un ventilateur ou d’un climatiseur, « la première chose à faire, c’est d’éviter que le soleil passe à travers les vitres », recommande Francesco Contino, professeur à l’UCLouvain et expert en énergie. Il suggère d’installer des stores extérieurs. « Placer des tentures derrière la vitre n’est pas efficace, le mieux est d’utiliser un store à l’extérieur, car une fois que la lumière pénètre, cela crée un effet de serre qui augmente la chaleur à l’intérieur », précise Francesco Contino.
Cependant, si la chaleur persiste dans le logement et que l’on décide d’utiliser un ventilateur ou un climatiseur, il est important de connaître le coût de fonctionnement. Quel est le coût d’un ventilateur fonctionnant tous les jours pendant les trois mois d’été ? Quelle sera l’augmentation de la facture d’électricité si un climatiseur est utilisé durant la même période ?
Le ventilateur, le moins cher à l’usage
Le ventilateur est l’option la moins coûteuse tant à l’achat qu’à l’utilisation. Bien qu’il ne fasse pas baisser la température d’une pièce, il rend la chaleur plus supportable en créant une sensation de fraîcheur. « Il procure une sensation de baisse de température de 2 à 4 degrés, mais il ne réduit pas réellement la température, il ne fait que circuler l’air », explique Francesco Contino. Après un certain temps, il pourrait même légèrement augmenter la température de la pièce, « car son énergie mécanique réchauffe l’air », ajoute le professeur.
Quel est le coût d’utilisation d’un ventilateur dans une pièce ? Il existe des appareils de 25 watts et d’autres de 75 watts. En considérant un ventilateur de puissance moyenne de 50 watts, Francesco Contino précise : « S’il fonctionne 8 heures par jour pendant 90 jours d’été, cela représente 720 heures, multiplié par 50 watts, ce qui fait 36 kWh pour la saison ». À un tarif moyen de 35 centimes par kWh, cela se traduit par une facture d’électricité de 10 à 15 euros à la fin de l’été.
Le climatiseur mobile : beaucoup plus cher à l’usage
La majorité des climatiseurs disponibles dans les magasins d’électroménager sont des climatiseurs mobiles. Pour quelques centaines d’euros, l’utilisateur acquiert une grande boîte sur roulettes, à laquelle il doit connecter un tuyau d’évacuation à faire passer par la fenêtre. « Le principe est similaire à celui d’un réfrigérateur : il refroidit l’intérieur tout en rejetant la chaleur à l’extérieur », résume Francesco Contino.
Le climatiseur mobile est « vraiment le moins efficace, car non seulement son rendement est inférieur à celui d’un climatiseur traditionnel, mais en plus, il nécessite une fenêtre ouverte, laissant entrer de la chaleur dans la pièce », explique le professeur de l’UCLouvain.
Cela se reflète dans la facture d’électricité. Pour une pièce de 20 à 30 m², l’appareil consomme environ 1 kW. En fonctionnement 8 heures par jour pendant trois mois d’été, au tarif moyen de 35 centimes par kWh, cela représente environ 250 euros supplémentaires sur la facture d’électricité à la fin de l’été.
La climatisation fixe : un peu moins coûteuse à l’usage
Il existe divers types de climatiseurs fixes. L’un des plus courants est le « split inverter », qui se compose de deux unités : l’une à l’intérieur, qui diffuse de l’air frais en été, et l’autre à l’extérieur, produisant l’air froid. Un conduit relie les deux unités, souvent à travers un mur.
Comparé au climatiseur mobile dont le tuyau passe par une fenêtre laissant entrer la chaleur, la climatisation fixe « est plus efficace et fonctionne mieux », indique Francesco Contino, car il n’y a pas d’apport d’air chaud de l’extérieur.
Ce type d’appareil est plus coûteux à l’installation qu’un climatiseur mobile, mais consomme légèrement moins d’électricité. Pour un fonctionnement de 8 heures par jour pendant 90 jours d’été, il faut compter environ 150 euros d’électricité à 35 centimes le kWh, un coût à multiplier par le nombre d’installations dans le logement.
Le surcoût de la climatisation dépendra de l’usage, comme c’est le cas avec le chauffage en hiver. Tout le monde n’utilise pas forcément son climatiseur 8 heures par jour tout l’été. De plus, si plusieurs pièces sont équipées, cela ne signifie pas qu’elles doivent toutes être refroidies en continu.
Plus on cherche à obtenir une basse température à l’intérieur, par rapport à l’extérieur, plus la consommation sera élevée. « Comme en hiver, on recommande de ne pas régler une température trop fraîche, avec la climatisation, il est préférable de régler à la température la plus élevée que l’on peut supporter », explique Francesco Contino. Par exemple, s’il fait 35 degrés dehors et que l’on est à l’aise à 27 degrés à l’intérieur, éviter de régler à 23 degrés réduira la consommation.
Attention au type de contrat de fourniture d’électricité
L’impact de l’utilisation des climatiseurs sur la facture de régularisation annuelle dépend du type de contrat de fourniture.
Avec un contrat fixe, il n’y a pas de surprise : chaque kWh supplémentaire pour l’usage de la climatisation est facturé au prix prévu dans le contrat.
Avec un contrat variable, cela dépend de l’évolution des prix sur les marchés de gros. En général, les prix sont calculés sur une moyenne mensuelle, ce qui peut atténuer les pics.
Les clients ayant un contrat dynamique, où le prix de l’électricité est proche du prix de gros en temps réel, doivent être vigilants. Récemment, des prix très élevés ont été observés en fin d’après-midi et en soirée, atteignant 1000 euros par mégawattheure, à cause d’une forte demande, notamment due à l’utilisation des climatiseurs. Même ceux avec des panneaux solaires peuvent ne pas produire suffisamment à ces moments-là. Pour les contrats dynamiques, il est donc préférable de gérer l’utilisation de la climatisation durant les heures de prix élevés afin d’éviter des factures élevées lors de la régularisation.
