
Une nouvelle directive européenne va changer nos emballages : plus durables et davantage recyclables.
Chaque jour, un Européen moyen se débarrasse d’environ 500 grammes d’emballages, ce qui représente près de 180 kilos par an, dont 36 kilos de plastique. Ce constat alarmant met en lumière un problème majeur, d’autant plus que de nombreux emballages ne sont pas recyclables et contribuent à la pollution, notamment dans les océans où ils représentent la moitié des déchets collectés.
Pour répondre à cette situation, la directive européenne, connue sous le nom de « PPWR » (Règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages), entre en vigueur aujourd’hui avec des objectifs clairs. Son ambition est de réduire les déchets d’emballage, de promouvoir la réutilisation et d’améliorer la sécurité des emballages alimentaires en diminuant la présence de polluants. Cependant, la mise en œuvre de ces mesures prendra du temps.
À partir de 2028, les emballages en PET (polyéthylène téréphtalate) devront inclure au moins 30 % de plastique recyclé. Mais c’est véritablement en 2030 que des changements significatifs interviendront, avec l’élimination de nombreux emballages plastiques à usage unique, à moins qu’ils ne soient jugés indispensables. Par exemple, le film plastique entourant des packs de canettes sera prohibé, tout comme les emballages en plastique pour les fruits et légumes frais, sauf dans des cas spécifiques. Les portions individuelles dans le secteur de l’Horeca, ainsi que les emballages pour les produits de soins dans les hôtels, devront également évoluer vers des formats rechargeables.
Des exceptions seront toutefois prévues, et la Commission européenne publiera des précisions à ce sujet en 2027.
L’impact de cette directive se fera également sentir dans le secteur de l’e-commerce, qui génère une quantité considérable d’emballages. Selon Greet Dekocker, directrice générale de Becom, les consommateurs commenceront à voir de nouveaux symboles sur les emballages dès 2027, similaires au Nutri-Score dans l’alimentation. Ces symboles indiqueront la proportion de matériaux recyclés dans les emballages, et ceux avec les scores les plus bas devront disparaître. De plus, les emballages ne pourront plus contenir plus de 60 % d’air, et cette limite sera abaissée à 50 % d’ici 2030, optimisant ainsi le transport.
Un autre aspect majeur de la directive est l’exigence que 40 % des emballages mis sur le marché soient réutilisables d’ici 2030. Les entreprises de commerce en ligne disposent donc de quatre ans pour développer des systèmes adaptés. Actuellement, un projet pilote mené par Bpost et d’autres partenaires teste un système où les clients paient une caution pour des emballages réutilisables, qu’ils peuvent retourner facilement. Les premiers résultats sont encourageants, avec une personne sur dix choisissant de payer la caution, et parmi elles, 80 % retournent l’emballage.
Cependant, le SNI (syndicat neutre pour les indépendants) exprime des préoccupations quant à l’impact de cette directive sur les petits commerçants, soulignant que si elle peut être gérée par de grandes entreprises, elle représente un défi logistique considérable pour les petits acteurs du marché.
