France

Eclipse solaire du 12 août : « Un paquet de chips contre des lunettes » dans un parc parisien

La quête des lunettes de protection pour l’éclipse solaire de ce mercredi soir s’est révélée être un véritable parcours du combattant pour de nombreux Parisiens. Alors que l’événement astronomique promettait d’attirer les foules, les lunettes homologuées, essentielles pour observer ce phénomène, étaient introuvables dans la plupart des pharmacies et des magasins d’optique, rappelant les difficultés rencontrées pour se procurer des masques au début de la pandémie de Covid-19. Ne voulant pas laisser passer cette occasion unique, j’ai enfourché mon vélo, déterminée à trouver un moyen d’admirer l’éclipse.

Mon objectif était le parc André-Citroën, reconnu comme l’un des meilleurs lieux pour observer la danse céleste entre le Soleil et la Lune. L’association française d’astronomie (Afa) avait annoncé qu’elle distribuerait gratuitement des lunettes, mais seulement dans la limite des stocks disponibles. J’espérais que la chance serait de mon côté.

À mon arrivée, le parc était envahi par une foule compacte. Des groupes de personnes se pressaient, espérant mettre la main sur les précieuses lunettes. Parmi elles, Laura, une jeune Espagnole de 26 ans, confiait sa détresse après avoir cherché en vain des lunettes depuis la veille. « J’ai prié dans le métro pour en trouver », avouait-elle, déterminée à persuader quelqu’un de lui prêter une paire.

Non loin, Anouk, une Bretonne de 20 ans en stage à Paris, avait eu une idée originale pour tenter de se procurer des lunettes : elle avait acheté un paquet de chips à échanger contre un prêt. « Dès mon arrivée, j’ai demandé à un groupe de jeunes, et ils m’ont dit qu’il y en avait ici », racontait-elle, amusée par sa propre ingéniosité.

L’Afa avait effectivement anticipé l’engouement. Sous des barnums blancs, des bénévoles, assistés de policiers municipaux, distribuaient les fameuses lunettes. Thomas Vincent, chargé de projet à l’Afa, relatait l’afflux de personnes autour de leur véhicule dès leur arrivée. « Nous avons eu du mal à établir une file d’attente, car les gens craignaient de ne pas en avoir s’ils étaient au bout », expliquait-il. Finalement, les participants ont compris qu’il fallait s’organiser pour obtenir leur précieux sésame.

Marie, venue de Thiais avec ses trois enfants, attendait patiemment son tour. « Mon fils me harcèle depuis des jours pour en trouver, mais il n’y avait rien en stock », disait-elle. Son fils Hakim, tout sourire avec sa paire de lunettes, exprimait sa joie : « J’avais peur de ne pas en avoir, donc je suis content. C’est un événement unique ! »

Les bénévoles de l’Afa avaient bien précisé : « Une paire par couple, par famille ou par groupe ! » Au total, 7.500 lunettes avaient été mises à disposition dans le parc. L’association avait préparé cet événement depuis un an, veillant à acheter suffisamment de lunettes pour éviter une flambée des prix à l’approche de l’éclipse. En parallèle, 200.000 lunettes avaient été distribuées à des clubs d’astronomie à travers la France, qui s’étaient engagés à les vendre à un prix modique de 1,5 euro.

Malgré les efforts de l’Afa, des revendeurs opportunistes avaient profité de la pénurie pour vendre des lunettes à des prix exorbitants. Anouk relatait avoir vu des personnes proposer des lunettes devant une pharmacie proche, prétendant qu’il ne restait plus que quelques exemplaires. À 20h30, alors que l’éclipse touchait à sa fin, il restait encore des lunettes sur le stand de l’Afa, offrant une lueur d’espoir à ceux qui n’avaient pas réussi à en obtenir.