Belgique

« Une activiste liégeoise raconte des viols et violences graves à Gaza »

Au moins 430 militants pro-palestiniens sont montés à bord d’une cinquantaine de navires en direction de Gaza dans le cadre du convoi « Global Sumud Flotilla » pour briser le blocus maritime imposé par Israël. Aude Gaspar, une militante liégeoise, a été arrêtée avec d’autres membres de la flottille et a témoigné de violences subies lors de leur détention, notamment d’une menace directe d’un garde qui a placé son arme sur la tête d’un détenu.


Il y a quelques semaines, plus de 430 militants pro-palestiniens venus des quatre coins du monde ont embarqué à bord d’une cinquantaine de navires en direction de Gaza. Ce convoi, appelé le « Global Sumud Flotilla », avait pour objectif de briser le blocus maritime imposé par Israël sur la bande de Gaza.

Parmi ces activistes se trouvait Aude Gaspar, une militante originaire de Liège, qui a embarqué sur un bateau nommé Lina Al-Nabulsi, en hommage à une jeune palestinienne de 17 ans tuée par l’armée israélienne en 1976 alors qu’elle se rendait à l’école.

Consciente des risques, Aude a décidé de rejoindre le convoi. Après 18 jours de navigation dans les eaux internationales, le voyage a brusquement été interrompu. Au large de Chypre, un navire de l’armée israélienne s’est approché et a pris illégalement le contrôle du bateau, arrêtant et capturant l’ensemble de l’équipage en quelques minutes.

Aude témoigne des violences subies : « Il y a eu plusieurs violences. Des viols, notamment des viols avec des armes à feu. L’un de mes proches a le dos et la nuque complètement brûlés par les coups de taser ». Elle explique que tous les membres de l’équipage ont été frappés et violentés, et que certains ont subi des violences sexuelles. Elle décrit des systèmes de torture au sein de la prison où ils ont été transférés : « Chaque personne passait systématiquement dans un des conteneurs, qui était celui de la torture ». Depuis leur retour, plusieurs membres de la flottille ont raconté les violences vécues en détention.

Aude dénonce également une mise en scène de la violence. Les cris et les coups étaient organisés pour être entendus par les autres détenus. « Avant de rentrer dans l’enclos, tout le monde entendait les cris, les autres se faire violenter, se faire taper dessus, rebondir dans le conteneur et tomber à terre, et ça c’était terrible ».

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a lui-même diffusé sur son compte Telegram une vidéo où il apparaît dans ces cargos, se moquant de la situation et narguant les militants arrêtés, tandis qu’on entend les cris des activistes agenouillés, mains liées et tête contre le sol. Les représentants de la flottille estiment que « cette assurance découle de l’impunité totale dont ils jouissent, grâce au silence des dirigeants mondiaux ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a critiqué le comportement de Ben-Gvir, déclarant que « la manière dont le ministre Ben Gvir a traité les militants de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël », tout en affirmant qu’Israël a le droit d’empêcher de telles flottilles.

Aude Gaspar raconte également les violences subies en prison. Selon elle, « des colsons en guise de menottes [ont été] serrés jusqu’à s’ancrer dans nos chairs ». Elle décrit un moment où un garde a menacé un détenu en plaçant son arme sur sa tempe, exprimant son désir de « tuer quelqu’un aujourd’hui ».

De retour à Bruxelles, Aude a été accueillie à l’aéroport par des amis, sa famille et de nombreux militants. Désormais, elle souhaite que l’attention soit concentrée sur la population palestinienne encore enfermée et appelle le gouvernement européen à agir.