Belgique

Un soir, un film avec Hugues Dayez : les films cannois arrivent tard en Belgique.

Dans le film « L’inconnue », le protagoniste David Zimmerman, un photographe parisien sur le point de fêter ses quarante ans, mène une existence presque isolée. Sa passion pour la photographie l’amène à capturer des images de carrefours dans la banlieue de Paris, témoignant des transformations urbaines. Un soir, poussé par ses amis, il se retrouve à une rave party où il croise le regard d’une jeune femme énigmatique. Leur rencontre les conduit dans une cave où, dans un moment d’intimité silencieuse, ils s’unissent. À son réveil, David découvre qu’il a échangé son corps avec celui de l’inconnue.

Cette thématique d’échange de corps, bien que familière, n’est pas le cœur de « L’inconnue ». Contrairement à des films tels que « Face Off » de John Woo, ce long-métrage s’inscrit dans une exploration onirique et existentielle. Le récit, cependant, ne se distingue pas par sa clarté. Les spectateurs pourraient se retrouver perdus, se demandant « je ne comprends rien ». De même, ceux qui trouvent le temps long, se demandant quand le film prendra fin, ne seront pas en reste, car sa durée de 2 heures et 20 minutes peut sembler interminable.

La question se pose alors : comment un tel film a-t-il pu être sélectionné pour la compétition à Cannes ? La réponse réside dans la présence de deux acteurs français en vogue, Léa Seydoux et Niels Schneider, ainsi que du réalisateur Arthur Harari, co-scénariste de la Palme d’Or « Anatomie d’une chute ». Même un reportage sur ses vacances aurait pu lui valoir une projection spéciale sur la Croisette.

« L’inconnue » sera projeté simultanément en France et en Belgique demain. Cependant, il est intriguant de noter que d’autres films présentés à Cannes, comme « Soudain » de Ryusuke Hamaguchi, qui a valu à Virginie Efira un prix d’interprétation, sont déjà sortis en France, alors que la Belgique doit encore attendre. Pourquoi cette différence ?

Cette situation soulève des interrogations parmi les cinéphiles. Paris, véritable épicentre du cinéma d’auteur en Europe, possède le plus grand nombre de salles de cinéma. Les distributeurs français, en lançant « Soudain » et « Fjord », ont choisi une période stratégique à la fin août, lorsque de nombreux spectateurs reviennent de vacances, garantissant ainsi une couverture médiatique favorable.

En revanche, en Belgique, le distributeur de ces films est une société néerlandaise. Les retombées médiatiques en France n’influent pas sur le succès de ces films à Amsterdam ou dans les villes flamandes. De plus, « Soudain » et « Fjord » sont perçus comme des drames exigeants, qui trouveront leur public, généralement plus âgé, à l’automne. Ainsi, « Soudain » est prévu pour le 4 novembre et « Fjord » pour le 25 novembre. Les amateurs de cinéma devront donc faire preuve de patience.