Un jour, une carte : le monde ne dépense jamais autant pour la guerre, pourquoi ?
En 2025, les dépenses militaires mondiales atteignent 2900 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 3% par rapport à l’année précédente, selon le dernier rapport du SIPRI. Sur les 29 pays de l’OTAN en Europe, 22 ont atteint le seuil des 2% de leur produit intérieur brut consacré à la défense.
Les chiffres sont vertigineux. En 2025, les dépenses militaires mondiales atteindront 2900 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 3% par rapport à l’année précédente. C’est un record historique, selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix (SIPRI), basé à Stockholm.
Au sommet de ce classement, les États-Unis, la Chine et la Russie continuent de dominer, représentant plus de la moitié des dépenses mondiales. Les dépenses américaines ont toutefois diminué en 2025, suite à la décision de l’administration Trump de suspendre l’aide militaire à l’Ukraine. Cependant, cette baisse pourrait n’être qu’éphémère : pour 2026, le Congrès américain a déjà approuvé un budget dépassant les 1000 milliards de dollars, et Donald Trump prévoit d’atteindre 1500 milliards en 2027.
Un autre fait marquant est que d’autres acteurs du conflit actuel au Moyen-Orient, comme Israël et l’Iran, ont également réduit leurs dépenses militaires l’année dernière.
La progression globale des dépenses est notamment attribuée à l’Europe et à l’Asie, avec une forte contribution du continent européen, où les dépenses militaires ont flambé de 14% en un an. Certains pays se distinguent particulièrement. Par exemple, l’Allemagne a augmenté ses dépenses d’environ un quart, tandis que l’Espagne les a doublées, ce qui contraste avec la position anti-guerre récemment adoptée par son Premier ministre. Toutefois, c’est la Belgique qui fait le plus fort bond : +59% de dépenses militaires en un an.
Sur les 29 pays européens de l’OTAN, 22 ont atteint le seuil des 2% de leur produit intérieur brut alloué à la défense. Pour l’Allemagne (2,3%), c’est un premier depuis la fin de la Guerre froide. Ces ajustements budgétaires symbolisent un véritable changement d’époque.
Ces données, bien que concernant l’année 2025, illustrent déjà un monde sous très forte tension, marqué par la guerre en Ukraine et une inquiétude croissante en Europe quant à un possible désengagement des États-Unis.
Malgré des augmentations de dépenses, le sentiment de sécurité ne suit pas. Selon le directeur du SIPRI, interrogé par Nikkei Asia, la réponse est non : le sentiment d’insécurité s’accroît. Ce phénomène entraîne une mécanique connue : plus de peur engendre plus d’armement, et donc plus de risques, créant une véritable spirale.
La course à l’armement n’est pas une nouveauté. Historiquement, elle s’appuie sur la dissuasion, mais ce modèle semble aujourd’hui essoufflé. Pendant la Guerre froide, les équilibres étaient relativement stables, avec des règles et des lignes rouges clairement définies, accompagnées de canaux de dialogue.
Aujourd’hui, ces fondements se dégradent. Le monde devient plus fragmenté, les puissances sont de plus en plus nombreuses et les lignes rouges beaucoup plus floues. À cela s’ajoutent l’émergence de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle et les drones autonomes, rendant les conflits plus rapides et plus difficiles à contrôler.
En définitive, le véritable tournant pourrait résider dans le fait que les pays n’investissent pas seulement davantage dans leurs armées, mais moins dans tout ce qui pourrait prévenir leur utilisation. C’est peut-être le signal le plus préoccupant de ce rapport.

