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Europe : Bruxelles accueille Peter Magyar, le Hongrois, pour tourner la page Orban

Peter Magyar, futur Premier ministre hongrois, rencontre Ursula von der Leyen à Bruxelles le 29 avril 2026. La défaite de Viktor Orban aux élections hongroises du 12 avril a provoqué un immense soulagement au sein de l’UE, après 16 ans de relations difficiles.


De ces rencontres, le futur Premier ministre espère obtenir des avancées concrètes, notamment un plan détaillé pour récupérer des milliards d’euros de fonds destinés à Budapest et gelés par l’UE. « C’est une mission très, très exigeante », a déclaré le quadragénaire sur Facebook à son arrivée à Bruxelles. Dans une vidéo la montrant parcourant en voiture les rues de la capitale, il s’est également dit « très optimiste et plein d’espoir ». Peter Magyar est accueilli à Bruxelles avec une grande sympathie. « C’est pratiquement comme si la Hongrie rejoignait à nouveau l’Union européenne », a affirmé l’eurodéputé écologiste allemand Daniel Freund à l’AFP.

La défaite de Viktor Orban aux élections hongroises du 12 avril a engendré un immense soulagement au sein de l’UE, qui a dû composer pendant 16 ans avec un Premier ministre proche de Vladimir Poutine et de Donald Trump, et qui a bloqué plusieurs dossiers, y compris celui de l’Ukraine. Avec la victoire écrasante de Peter Magyar, la Hongrie, membre de l’UE depuis 2004, a « repris son chemin européen », a salué Ursula von der Leyen. Pourquoi attendre l’investiture du nouveau dirigeant, prévue le 9 mai ?

La présidente de la Commission européenne a accueilli Peter Magyar, mercredi, tout sourire. « Nous n’avons pas de temps à perdre », a-t-il déclaré, après des années de relations tendues entre son pays et l’UE. Le déplacement est soigneusement organisé, sans conférence de presse, un signe que les deux parties souhaitent éviter tout ce qui pourrait ternir cette phase de coopération. Interrogé par l’AFP près des institutions européennes, Peter Magyar s’est abstenu de tout commentaire concernant l’avancée des négociations entre Budapest et Bruxelles. Au cours des derniers jours, des responsables de l’UE ont participé à deux réunions avec les équipes du futur Premier ministre pour évoquer les sujets les plus urgents, notamment les 18 milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie et gelés par l’UE suite à diverses procédures engagées à l’encontre des politiques de Viktor Orban, touchant aux droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d’asile, ainsi qu’à des questions de conflits d’intérêts. Dans un geste d’ouverture vers le prochain dirigent hongrois, et pour s’assurer de son soutien sur plusieurs dossiers, Bruxelles pourrait envisager un déblocage rapide de ces fonds. Dans une situation similaire, l’UE avait débloqué des milliards d’euros destinés à la Pologne dès les premières promesses faites par le gouvernement du Premier ministre proeuropéen Donald Tusk, en 2024.

Dans sa vidéo de mercredi, Peter Magyar évoque la possibilité d’un accord avec la Commission d’ici à fin mai. Cependant, plusieurs élus demandent à Bruxelles d’attendre que Budapest ait adopté des réformes concrètes avant de libérer les fonds. Quelles mesures précises seront exigées de Peter Magyar, qui détient une très large majorité au Parlement hongrois ? C’est l’objet des discussions de mercredi. Dans des déclarations récentes, Peter Magyar a promis d’être un membre fidèle de l’UE et a annoncé son intention de faire adhérer son pays au parquet européen.

Il pourrait également rapidement abroger les lois anti-LGBT+. Coïncidence ou véritable volonté ? Il a annoncé, mardi, vouloir « organiser une rencontre » en juin avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui Viktor Orban entretenait des relations très tendues. Lors de sa visite à Bruxelles mercredi, le futur dirigeant hongrois échangera aussi avec Antonio Costa, président du Conseil européen, l’institution regroupant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Sous l’ère Orban, ces réunions ont souvent été marquées par des tensions, allant du « salut, dictateur ! » de Jean-Claude Juncker en 2015 au moment où Viktor Orban avait quitté la salle en 2024, le temps que ses homologues valident l’ouverture des pourparlers d’adhésion avec l’Ukraine.