Belgique

Un commissaire régional aux drogues à Bruxelles dès fin septembre : super-flic ou super-coordinateur ?

Onze candidats sont en lice pour le poste de commissaire régional à la sécurité et aux drogues à Bruxelles, une fonction cruciale alors que la ville fait face à une intensification des violences liées au trafic de stupéfiants. Le processus de recrutement, qui a débuté avec une évaluation en août, se poursuivra avec des entretiens pour les huit meilleurs candidats durant la seconde moitié de septembre. La prise de fonction est prévue pour la fin du mois.

Boris Dilliès, le ministre-président bruxellois, a précisé que « les entretiens devant la commission de sélection auront lieu pendant la deuxième quinzaine de septembre ». Par la suite, le Conseil des ministres devra approuver le choix du candidat retenu ainsi que la date de début de ses fonctions.

La mission de ce nouveau commissaire, promise dans la déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois en février, ne doit pas être confondue avec celle d’un policier. Il s’agira d’un représentant de la Région, intégré au sein de l’organisme Safe.brussels, qui aura pour rôle de coordonner les efforts de sécurité et de prévention. Ce commissaire ne remplacera ni le parquet, ni les services de police, ni les communes, mais devra élaborer un plan intégré basé sur le Plan Global de Sécurité et de Prévention.

Le ministre Dilliès a souligné l’importance de cette fonction, déclarant : « Étant donné le fléau de la drogue que vit notre Région, l’objectif est vraiment d’avoir une personne qui va coordonner l’ensemble des acteurs au quotidien. Ce sera sa mission première et essentielle. » Le commissaire devra travailler en étroite collaboration avec les communes, les chefs de corps, les bourgmestres et le niveau fédéral, tout en abordant également les questions de prévention des addictions.

Concrètement, il sera chargé de définir une stratégie régionale pour gérer les hotspots, ces zones sensibles au trafic de drogue dans la capitale. Il devra déterminer la fréquence et l’intensité des interventions en collaboration avec la police et d’autres services fédéraux, tout en tenant compte des problèmes rencontrés par les transports en commun.

Le commissaire aura également pour tâche de superviser la fermeture de commerces problématiques et de proposer des évolutions réglementaires. Il devra garantir la cohérence entre les actions répressives et l’accompagnement social, en lien avec les acteurs publics et associatifs, afin de ne pas négliger l’accompagnement des personnes souffrant de dépendance.

Le profil recherché pour ce poste exige des candidats titulaires d’un master ou d’un statut de haut fonctionnaire, avec au moins cinq ans d’expérience dans des domaines tels que la sécurité publique, la gestion de crise ou la coordination entre différents niveaux de pouvoir. Une connaissance du contexte bruxellois et une maîtrise du néerlandais sont également souhaitées.

La Région insiste sur la nécessité d’une « forte capacité de résistance à la pression », compte tenu de la sensibilité de la fonction, qui sera sous le regard attentif des médias et de la société civile. Le commissaire, dont la rémunération correspondra à l’échelle A400, exercera une mission de cinq ans, renouvelable une seule fois.

La commission de sélection, qui sera bilingue, se composera de six membres, dont le ministre-président Dilliès, le procureur du Roi de Bruxelles, des experts en criminologie et des responsables de Safe.brussels.