Trump élude une question sur Taiwan : 4 points pour comprendre l’île
Au 16e siècle, les Portugais débarquent sur l’île, déjà peuplée par plusieurs peuples autochtones, et nomment le territoire « Ilha Formosa ». En 2016, la présidente de l’époque, Tsai Ing-wen, a présenté des excuses officielles aux peuples indigènes de Taïwan pour les souffrances endurées au fil des siècles, une première de la part d’un chef d’État du pays insulaire.
La période coloniale
L’île a connu de nombreux changements de souveraineté avant d’atteindre son état actuel. Au 16e siècle, les Portugais débarquent sur l’île, déjà habitée par plusieurs peuples autochtones, et baptisent le territoire « Ilha Formosa », ou « Belle Île ». Un siècle plus tard, en 1624, les Néerlandais s’installent dans le sud de l’île, où ils établissent une région de commerce. Cette situation attire des dizaines de milliers de Chinois Han, marquant les débuts de l’immigration chinoise vers Taïwan.
Durant cette même période, les Espagnols établissent également une zone commerciale au nord de l’île, qui durera jusqu’en 1642, lorsque les Néerlandais conquièrent le fort espagnol de Keelung lors de la bataille de San Salvador.
À partir du milieu du siècle, Koxinga, général de la dynastie Ming, parvient à chasser les Néerlandais du territoire. Toutefois, sa victoire ne durera qu’une vingtaine d’années ; en 1684, la dynastie Qing prend le contrôle de l’île. Cela marque le début de deux siècles de domination Qing, au cours desquels la population dépasse deux millions d’habitants, la majorité étant d’origine Han.
Le Japon prend possession de l’île au début du 20e siècle, intégrant Taïwan à son empire colonial pendant cinquante ans. Il classifie les populations autochtones en deux catégories : celles « des montagnes » et celles « des plaines ».
La naissance de la République Populaire de Chine
Après la capitulation du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile chinoise entre le gouvernement du Kuomintang, fondé en 1912, et le Parti communiste chinois (PCC) se poursuit sur le continent. Le Kuomintang perd du terrain jusqu’au 1er octobre 1949, lorsque Mao Zedong, fondateur du PCC, proclame la République Populaire de Chine (RPC).
Le Kuomintang, dirigé par Tchang Kaï-check, se réfugie à Taïwan, emmenant presque 2 millions de personnes, malgré l’opposition de la population autochtone. Tchang Kaï-check établit la nouvelle capitale à Taipei.
Les populations autochtones
À l’heure actuelle, Taïwan compte plus de 23 millions d’habitants. La grande majorité appartient à l’ethnie Han, mais environ 2,5% de la population est officiellement reconnue comme autochtone, soit près de 600.000 personnes, un chiffre légèrement supérieur à la population d’Anvers.
Le pays reconnaît 16 groupes ethniques et d’autres sont encore en attente de reconnaissance. La présence des populations indigènes sur l’île remonte à au moins 6000 ans.
En 2016, la présidente de l’époque, Tsai Ing-wen, a présenté des excuses officielles aux peuples indigènes de Taïwan pour les souffrances subies au cours des siècles, une première de la part d’un chef d’État de l’île.
Quid de Taïwan aujourd’hui
Actuellement, Taïwan se distingue par sa puissance technologique dans le secteur des semi-conducteurs, qui joue un rôle crucial dans l’équilibre géopolitique mondial. La Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) produit presque la totalité des semi-conducteurs les plus avancés au monde. Ces puces sont fondamentales pour les smartphones, l’intelligence artificielle, le calcul haute performance et les systèmes militaires modernes.
Les Taïwanais […] voudraient qu’on les reconnaisse, mais ils savent que le prix à payer est beaucoup trop important
Michel Liègeois, professeur en relations internationales, UCL
Actuellement, Taïwan entretient des relations diplomatiques avec seulement 12 pays. Cependant, l’île est en rapport commercial avec de nombreux pays, notamment l’Union Européenne et les États-Unis.
Avoir des relations commerciales sans relations diplomatiques « nécessite des contorsions. Les Taïwanais […] souhaitent qu’on les reconnaisse, mais ils sont conscients que le prix à payer est beaucoup trop important », explique Michel Liègeois, professeur en relations internationales à l’UCL. Il ajoute également qu' »il existe une ingénierie des relations avec Taïwan que les États ont appris à développer au fil du temps ».
Actuellement, la Chine considère Taïwan comme une province séparatiste, alors que l’île revendique son autonomie.

