
Thy-Marcinelle à l’arrêt depuis bientôt un mois : ‘On sacrifie revenus pour conditions de départ décentes’
Le conflit entre direction et syndicats à Thy-Marcinelle est lié à l’arrêt de la phase à chaud de l’usine, décision prise en janvier par la direction du groupe italien Riva, entraînant la perte de 165 emplois. Les travailleurs du chaud affirment qu’ils continueront le blocage jusqu’à ce qu’on leur propose de nouvelles conditions, avec des discussions en cours avec les bourgmestres de la région carolo.
Le conflit entre la direction et les syndicats trouve son origine dans la **restructuration de la phase à chaud** de l’usine sidérurgique de Charleroi. Dans cette phase, l’acier est chauffé puis laminé avant d’être transformé. En janvier dernier, la direction du groupe italien Riva, dont dépend Thy-Marcinelle, a décidé de cesser cette activité emblématique dans la région. Cette décision est due à une production jugée excessive face à une demande en baisse, à des coûts énergétiques élevés et à une concurrence internationale de plus en plus forte. **165 ouvriers** vont perdre leur emploi.
> »*On se relaie jour et nuit pour empêcher toute activité sur le site. On est payé par le syndicat 40 euros par jour, c’est une forme de sacrifice dans l’espoir d’obtenir des conditions de départ décentes*, » explique Hakim, machiniste depuis 30 ans et affilié à la FGTB.
Réunions, conciliation, manifestations : rien n’y fait. Les conditions négociées durant la procédure Renault sont jugées dérisoires par les ouvriers et leurs syndicats. « *Beaucoup de travailleurs ont une ancienneté qui n’est pas très élevée, mais un âge avancé. Et quand on connaît les réformes du chômage aujourd’hui, pour la plupart d’entre eux, ça va être très compliqué de retrouver du travail. Et donc, ils vont être plongés dans la précarité à un moment ou à un autre. Et ça, ce n’est pas acceptable*, » développe Kevin Verbinnen, permanent CSC en charge de ce dossier délicat.
**La phase à froid, pour l’instant épargnée par la restructuration, est donc également à l’arrêt.** Les tensions entre les ouvriers des deux sections augmentent, partagés entre l’envie de soutenir leurs collègues et la volonté de reprendre le travail pour être rémunérés. Étienne, un ouvrier de la phase à froid, témoigne.
> »*On n’a pas demandé ça. Moi, j’ai des petits-enfants, j’ai une famille, j’ai une maison, j’ai des dettes et je ne peux rien faire, je ne peux même pas aller travailler. On prend les coups et on doit juste se taire*. »
De son côté, la direction affirme vouloir trouver un accord « *au plus vite* » afin que les activités restantes de l’usine puissent reprendre. « *Il en va de la pérennité de l’entreprise. On est sur le fil du rasoir*, » assure David Valenti.
Cependant, les travailleurs de la phase à chaud déclarent qu’ils continueront le blocage jusqu’à l’obtention de nouvelles conditions. Ce mercredi, ils se sont rendus dans les bureaux d’Igretec pour s’entretenir avec les bourgmestres de la région lors du conseil d’administration de Charleroi Métropole. « *On nous a promis de relancer les ministres wallons compétents. Thomas Dermine (NDLR : bourgmestre de Charleroi) va pour sa part contacter le groupe Riva. On attend donc de voir les avancées concrètes*, » conclut un syndicat à l’issue de cette rencontre.
