
Thomas Dermine inquiet pour les finances des grandes villes wallonnes
Les grandes villes wallonnes, et Charleroi en particulier, font face à une tension budgétaire que Thomas Dermine juge préoccupante. Le bourgmestre de Charleroi estime que ces communes supportent des charges importantes pour des services utilisés bien au-delà de leurs frontières, sans financement jugé suffisant par la Région wallonne.
Un déficit concentré dans les grandes villes
Dans l’entretien source, Thomas Dermine affirme que les finances communales de Charleroi sont « dans le rouge », comme celles des autres grandes villes wallonnes. Il avance aussi que 88 % du déficit de l’ensemble des communes se concentre dans ces grandes villes. Selon lui, cette situation est paradoxale, car Charleroi connaît en parallèle une dynamique économique portée par plusieurs projets industriels et immobiliers, ainsi que par des investissements privés.
Le bourgmestre relie ce déséquilibre à la place particulière des grandes villes dans l’organisation des services publics. Il cite notamment les crèches, les écoles, les piscines et certains dispositifs de sécurité, qui profiteraient à des habitants venus d’autres communes. À Charleroi, il dit par exemple qu’un bébé sur deux accueilli en crèche ne vient pas de la commune, et que seuls 20 % des supporters présents lors des matchs des Zèbres seraient carolorégiens.
Le Plan oxygène et ses limites
Pour faire face aux déficits, Charleroi bénéficie du Plan oxygène, présenté par Thomas Dermine comme une aide ponctuelle sous forme de prêt régional permettant de combler le déficit annuel. Il considère toutefois que ce mécanisme ne règle pas le problème de fond, qu’il décrit comme un sous-financement structurel des grandes villes.
Le bourgmestre dit aussi que la ville a déjà réduit ses dépenses publiques de 10 % sur les deux dernières années. Malgré ces efforts, il estime qu’il existe un risque pour la continuité de certains services publics si la situation budgétaire ne change pas. Il appelle donc le gouvernement wallon, engagé dans un conclave budgétaire, à tenir compte de cette urgence dans ses arbitrages.
Comparaison avec la Flandre et débat sur les réformes
Thomas Dermine soutient que la Wallonie finance moins ses grandes villes que la Flandre, avec un écart qu’il évalue à environ 50 % dans la dotation régionale. À ses yeux, une région qui veut relancer sa trajectoire socio-économique doit miser sur ses villes, qu’il présente comme les moteurs de l’activité.
Il relie cette critique aux réformes fiscales en cours. Il dit partager l’objectif de faciliter l’accès à la propriété, mais juge que la réforme des droits d’enregistrement a aggravé le déficit tout en produisant un effet limité sur les jeunes acheteurs. À propos de la réforme des droits de succession, il appelle à la prudence pour éviter, selon lui, une nouvelle mesure mal calibrée. Sur l’emploi, il rappelle que le taux d’emploi wallon reste autour de 68 %, loin de l’objectif de 80 %, et affirme que la Wallonie a progressé de 4,5 % entre 2000 et 2024.
Ce qu’il faut retenir
- Thomas Dermine dit que les grandes villes wallonnes concentrent 88 % du déficit communal et supportent des services profitant à des habitants d’autres communes.
- Il considère que le Plan oxygène apporte une réponse temporaire, mais pas une solution durable au sous-financement des villes.
- Il demande au gouvernement wallon de revoir ses choix budgétaires et de faire davantage de place aux investissements urbains.
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