
Tensions migratoires à Ceuta : l’Espagne contrôle désormais le port
Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a récemment pris une décision controversée en signant un décret qui permet la création d’un campement temporaire dans la zone portuaire, contredisant ainsi les réticences exprimées par les autorités locales.
Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesus Vivas, avait exprimé, vendredi dernier, des préoccupations concernant la sécurité d’approvisionnement, s’opposant à l’implantation d’un tel hébergement. Les responsables locaux avaient déjà rejeté l’idée d’utiliser des installations comme une usine désaffectée, un ancien hôpital militaire ou des centres sportifs pour accueillir des migrants.
Actuellement, un autre camp est en cours d’aménagement dans le quartier de Los Rosales, avec une capacité d’accueil de près de 900 personnes, ce qui a provoqué des manifestations parmi les résidents du quartier.
Les récents événements migratoires à Ceuta ont été marqués par l’arrivée d’environ 72 000 migrants en provenance du Maroc durant les journées des 30 et 31 juillet, selon des données officielles. Malheureusement, cette période a également été tragique, avec 91 décès signalés, dont 11 sur le sol marocain. Bien que la majorité des migrants aient été renvoyés au Maroc peu après leur arrivée, environ 5 000 personnes, dont 1 200 mineurs non accompagnés, demeurent encore dans l’enclave, comme l’a indiqué le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. Le gouvernement local, quant à lui, estime que 10 000 migrants sont toujours présents.
Cette situation a suscité des tensions au sein de la population de Ceuta, où une partie des 83 000 habitants réclame des expulsions immédiates vers le Maroc. Des actes de violence à l’encontre des migrants ont été rapportés, et l’Espagne se trouve dans l’obligation légale d’examiner chaque cas individuellement.
